La plénière de dimanche 26 mars achevée à 1 heure du matin ce lundi, s’est arrêtée sur un constat de désaccord entre les parties quant au mode de désignation du premier ministre, à la présidence du CNSA, au rôle de la CENCO après les négociations... La médiation maintient malgré tout la clôture des travaux cette nuit. Compte-rendu.

C’est ce matin que s’est achevée la plénière de dimanche 26 mars des négociations politiques congolaises sous la médiation de la Commission épiscopale nationale du Congo à Kinshasa. Selon le communiqué diffusé par le bureau de la médiation, durant cette plénière, l’avant dernière, les délégués ont traité du mode de désignation du premier ministre, du rôle de la CENCO, de la présidence du CNSA (Conseil national de suivi de l’accord), du partage des ministères, des mesures de décrispation ainsi que du chronogramme d’activités.

Premier ministre : un nom ou une liste des noms
Concernant le mode de désignation du premier ministre, la médiation a proposé la formulation suivante : “le premier ministre est nommé par le président de la République, au terme des consultations entre celui-ci et le Rassemblement”. Réplique de la Majorité présidentielle :

“le premier ministre est nommé par le président de la République, au terme des consultations entre celui-ci et le Rassemblement, sur base d’une liste de trois noms”.

De son côté, le Rassemblement de l’opposition, après avoir émis une proposition qui n’a pas fait l’unanimité en son sein et après que les membres se soient concertés, a donné sa formulation :

“le premier ministre est nommé par le président de la République, au terme des consultations entre celui-ci et le Rassemblement représenté par son chef de délégation au dialogue national inclusif du Centre interdiocésain”.

Secrétaire de la Commission épiscopale de communication sociale, l’abbé Jean-Marie Bomengola qui signe le communiqué de la CENCO, souligne que “les deux camps reconnaissent la nécessité et l’importance des consultations entre le chef de l’Etat et le Rassemblement, mais s’opposent toujours sur la présentation d’un nom ou d’une liste des noms”. Constat de la CENCO :

“Les divergences persistent entre les deux points de vue ; pas d’accord sur une formulation consensuelle”.

La mort d’E. Tshisekedi change la donne
L’autre point de divergence porte sur la présidence du CNSA. Le Rassemblement s’en tient à ce qui est écrit dans l’Accord, à savoir : le CNSA sera présidé par le Président du Conseil des sages du Rassemblement. Mais les autres composantes pensent que depuis la mort d’Etienne Tshisekedi, le président du CNSA peut provenir du Rassemblement de l’opposition ou d’une autre composante, à condition que la personne désignée à ce poste recueille l’unanimité.
“Les délégués ont constaté ensemble le manque de consensus sur la présidence du CNSA ; cependant ils laissent place aux négociations pour faire évoluer cette question”, écrit le communiqué.
S’agissant du rôle de la CENCO, ce dernier a proposé une formulation amendant celle présentée par la Majorité présidentielle et libellée comme suit :

“la CENCO désigne un représentant pour siéger au sein du CNSA en tant qu’observateur. Chaque fois, en cas de nécessité, les parties prenantes peuvent recourir à la CENCO”.

Après débat, il a été retenu uniquement la première partie de la formulation, à savoir : “la CENCO désigne un représentant pour siéger en qualité d’observateur”. Selon l’abbé Jean-Marie Bomengola, le Rassemblement a émis une réserve fasse à cette formulation parce qu’elle souhaite que la CENCO accompagne le CNSA en jouant un rôle actif. La formule qui l’arrange est la suivante : “la CENCO accompagne et conseille le CNSA dans le cadre de ses bons offices”.

Mesures de décrispation
A propos de l’application des mesures de décrispation en faveur des opposants et activistes en prison ou condamnés par la justice, le ministre de la justice devrait remettre dans la journée avant 11 heures à la médiation et aux délégués le texte du rapport complet. Sur le partage des portefeuilles ministériels, les négociations se poursuivent encore dans la journée. La signature de l’arrangement particulier est programmée à 20 h, mais, précise la CENCO, elle dépendra de l’évolution des dossiers à traiter au niveau des petits groupes.

Raoul Biletshi

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