Des productrices de manioc (Chikwangue) du département du Pool, au nord de Brazzaville, n’ont pas eu tord de se regrouper. Désormais leur gain a été multiplié par 100 et chacune peut mieux subvenir aux besoins de sa famille.

“Seule, je ne fabriquais pas beaucoup de manioc. J’étais lente et mon revenu était faible. En groupe, c’est plus rapide et rentable !”, fait remarquer Jeanine Ngassaye Koumou. Convaincue que l’union fait la force, cette fabricante de manioc (Chikwangue, Ndlr) ne travaille plus seule depuis deux ans.

A Yé, un village du district d’Ignié (département du Pool) à 45 km au nord de Brazzaville sur la nationale n°2, quelques femmes ont discuté de leur faible productivité et décidé d’agir ensemble. Jeanine s’est ainsi regroupée avec quatre autres productrices. Résultat : un gain multiplié par 100 ! “Quand j’étais seule, je fabriquais 10 maniocs par jour. Je gagnais ainsi 5 000 Fcfa (moins de 8 €). A cinq, nous produisons jusqu’à 1 000 maniocs par jour pour un revenu dépassant parfois 500 000 Fcfa (près de 800 €) par jour “, témoigne Jeanine, dont le groupe utilise des machines pour pétrir le manioc.

Ristourne et épargne
Elles se partagent les bénéfices après la vente. Chacune prélève sur son gain 50 000 Fcfa (75 € environ) mensuels de cotisation pour acheter d’autres maniocs, payer le transport, faire rouir et pétrir les précieux tubercules. “A la fin de la vente, chacune de nous enlève également de sa part 20 000 Fcfa (30 €) pour la ristourne. Celle qui en bénéficie investit dans son propre champ”, précise Rose Mantsiba.
Grâce à leur union, ces femmes sont devenues financièrement autonomes et subviennent mieux aux besoins de leurs familles. Certaines ont acheté des terres, d’autres construisent des maisons. Leurs maniocs ravitaillent les marchés environnants et au-delà. Avec toujours la même philosophie, rappelle Rose :

“Pour ne pas trop dépenser, nous désignons deux d’entre nous pour aller vendre les maniocs à Brazzaville. Cela nous permet de faire davantage d’économies.”

Hortense Nathalie Ngatsongo

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