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Burundi

15-06-2012

Burundi : la construction de maisons à étages met à mal les boisements

Chaque année, des milliers de jeunes arbres sont coupés pour les échafaudages des immeubles en construction. Au nord du Burundi, le bois de chauffe de plus en plus cher se fait rare.

Depuis la fin de la guerre, le Burundi est en pleine reconstruction. En ville s'élèvent de plus en plus de maisons à étages qui nécessitent, pour les construire, d’énormes quantités de bois. Les échafaudages sont faits la plupart du temps en perches, rarement avec des barres métalliques, plus chères mais réutilisables. Selon Sinderibuye Edward, chef de chantier au gouvernorat de Ngozi en construction, ce building à trois niveaux a demandé plus de 15 000 perches issues de jeunes arbres.
Ensuite, vient le coffrage pour tenir le béton qui consomme beaucoup de planches. Ainsi, les boisements disparaissent petit à petit. Au nord du Burundi, rares sont désormais des arbres qui atteignent 20 cm de diamètre, surtout chez les paysans qui ne respectent pas les normes d'abattage des arbres. "À force de couper des arbres de moins de trois ans, dit le chargé de l’Environnement en province de Ngozi, on risque de ne pas avoir des repousses ou de très chétives." "Mes arbres ne grandissent plus, et mon boisement se détruit d’année en année. Même le sous-bois n’est plus là", témoigne ainsi Jérémie, un paysan.
C'est pour vendre des perches aux chantiers de construction, à 1,5 $ pièce, que les agriculteurs abattent précocement les jeunes arbres. Voir un gros arbre est maintenant une surprise. Le bois de chauffage fait maintenant défaut car il nécessite de gros arbres durs dont le bois résiste à la combustion. Selon les habitants de la région, le prix de la braise monte sans cesse : 50 kg qui coûtaient autour de 6$ il y a trois ans reviennent à environ 15$ aujourd’hui. Certaines familles passent des journées le ventre vide faute de bois de chauffage. "J’ai un jour dû détruire une de mes chaises parce que ma famille allait passer toute une journée sans manger, et ça par manque de bois", raconte André, un fonctionnaire de la commune de Busiga qui ne savait même pas où trouver à en acheter. Et selon Nestor, menuisier à Ngozi, rares sont ces derniers temps, les planches qui atteignent 20 cm de largeur. C'est pourquoi le prix des meubles a triplé.

Eric Nshemezimana