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Burundi

16-12-2011

Burundi : les délestages, une affaire en or pour les restaurants

À Bujumbura, les délestages font la fortune des restaurants et cafés. Ces derniers mois ceux qui n'ont pas d'électricité dans leurs bureaux sont de plus en plus nombreux à venir y travailler avec leurs ordinateurs. Fournisseurs de générateurs et de panneaux solaires font aussi de bonnes affaires.

"Excusez-moi, pouvez-vous me donner le mot de passe pour internet?", demande un client du restaurant Aroma à Bujumbura. "Avez-vous fait une commande", répond la serveuse, car l’accès internet est réservé aux clients". Des échanges devenus fort courants ces trois derniers mois dans la capitale burundaise soumise à des délestages d'électricité de plus en plus fréquents qui entravent le fonctionnement des entreprises et des services administratifs. C'est ainsi que les gens désertent les bureaux et viennent travailler dans les lieux dotés de groupes électrogènes et d'internet.
Actuellement les restaurants et les cafés de la capitale sont archicombles toute la journée, toutes les tables sont occupées par des ordinateurs portables. Les affaires marchent à merveille. "On n’a pas compris d’emblée le mouvement des gens qui viennent et qui passent de longues heures, yeux braqués sur leurs petits écrans d’ordinateur, mais à la longue on a vu que c’est à cause du manque de courant électrique", témoigne Honorine Iteka, caissière Rucsa plazza qui n'a jamais eu autant de monde depuis son ouverture il y a trois ans. La clientèle parfois s’insurge les prix des services offerts, mais, explique le gérant, "avec le coût du pétrole qui fait fonctionner le groupe toute la journée, ce n’est pas si facile que ça". "On a des clients tout au long de la semaine alors qu’on en avait l’habitude surtout lors des week-ends", constate aussi Marc Ndayongeje du Havana Club.

Générateurs et panneaux solaires
Les fournisseurs de générateurs se frottent aussi les mains : la demande a quintuplé depuis le début des délestages. Les principaux clients sont les entreprises et les organisations de taille moyenne, mais aussi des particuliers. "Nous sommes de plus en plus débordés par les clients que nous n’avions pas prévus", témoigne un agent du groupe Ladak.
Les panneaux solaires ont aussi la cote chez les habitants de la ville qui ne peuvent pas bénéficier des services de la REGIDESO. Ils parviennent ainsi à s'éclairer et à recharger leurs portables. Considéré comme le moyen le plus écologique d'avoir de l'électricité, il est en vogue dans les zones périphériques de la capitale. "On est venu il y a deux ans, mais actuellement nous avons une clientèle qui se compte par milliers surtout ceux des quartiers neufs", souligne le représentant de cette technologie.
Le ministère de l’Énergie reconnaît que le manque du courant est un grand handicap et promet de répondre à la demande par la construction des mini-barrages grâce à l’appui de la coopération chinoise. Les trois principaux barrages qui fournissent l'électricité au pays ne suffisent plus à alimenter les villes en forte croissance. En outre le niveau d'eau de ces barrages a baissé réduisant la production d'énergie. Selon le directeur de l’électricité, les délestages se font de façon à ce que chaque quartier ait l'électricité un jour sur deux. Mais constatent les habitants de la capitale, lorsqu’un seul dignitaire vient vivre dans un quartier, c’est toute la zone qui en bénéficie tous les jours. Comme au quartier 9 au nord de la capitale et à Carama où l’électricité n’est jamais coupée.

Gabby Bugaga