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RD Congo

13-07-2012

Rutshuru : pour la population, le pire a été évité

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Ce dimanche 8 juillet, l’avancée des rebelles du M23 vers Rutshuru, au Nord-Kivu, à l’est de la RD Congo, a occasionné le repli sans combats des forces armées congolaises. Les habitants, qui craignaient d’être pris entre deux feux, sont retournés, soulagés, chez eux.

Deux jours après s’être emparés de Bunagana, ville congolaise située à la frontière avec l’Ouganda, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), ont poursuivi leur offensive à l’est de la RD Congo, s’emparant de Rutshuru et d’autres localités de la province du Nord-Kivu. Le retrait sans combats des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a sans doute permis d’éviter un bain de sang.
Au grand soulagement des populations civiles : "L’avancée des troupes du M23 sur Rutshuru-centre et Kiwanja m’a obligé à aller m’abriter à la base de la Monusco à Kiwanja", raconte un habitant de cette localité. Ce dernier craignait de revivre le même calvaire qu’en 2008, lors d'affrontements entre des éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, dont est issu l'actuel M23) et les groupes armés maï-maï. Aujourd'hui, il ne cache pas sa satisfaction de regagner son domicile avec un sentiment de sécurité. Il estime en effet que le pire a été évité avec le retrait des soldats des FARDC vers Butembo et d’autres localités du nord-est du pays.
Ils sont nombreux à partager cet avis. "J’avais peur de rentrer chez moi, à Ntamugenga centre, à cause des affrontements entre FARDC et M23. Mais la situation actuelle nous épargne des problèmes de sécurité", assure un ancien déplacé qui a pu regagner son village d’origine passé entre temps sous contrôle des rebelles. "A leurs arrivée, les combattants du M23 nous ont promis la sécurité dans nos villages. Comme les conditions d’accueil dans les sites de déplacés ne sont pas idéales, j’ai préféré retourner chez moi", ajoute-t-il.

Insécurité permanente
Pour de nombreux habitants de ces localités du Nord-Kivu, l’insécurité était jusqu'ici intenable. Et tous souhaitaient que la situation se décante très vite. La présence de mutins et de militaires sur leurs collines, les empêchait notamment d’accéder à leurs champs. "Nous n’avions plus rien à manger. Pourtant, nous avions cultivé du haricot, mais les rebelles du M23 récoltaient tous nos produits. Il n’y avait plus moyen d’accéder à nos champs. Une femme qui avait osé tenter de s'y approvisionner a été violée", se rappelle une habitante de Tshengerero.
Selon Amnesty international, le pire a peut-être été évité avec le repli stratégique des FARDC. Sur les ondes de Radio Okapi, Paule Rigaud, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique est revenue sur les atrocités qui ont eu lieu en 2008, dont le massacre de Kiwanja au cours duquel "au moins 150 civils avaient été tués par le CNDP".

Evariste Mahamba