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A l'avenir... Syfia Grands Lacs s'étend et se diversifie. D'autres projets s'y sont rattachés. Celui de Mongongo, le journal-école de Kisangani qui permet aux jeunes sortant de l'université d'avoir une formation pratique et est le seul journal régulier de la ville. Celui du suivi des processus électoraux au Rwanda dans le respect des règles professionnelles. La production d'articles et de dossiers, montrant les réalités quotidiennes des trois pays des Grands Lacs, se poursuit . Deux journaux sont publiés, l'un en RD Congo et l'autre au Burundi. |
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par Désiré Nshimirimana
Burundi (Syfia Grands Lacs/Burundi) Il est riche, mais il sait partager pour que d'autres puissent mieux vivre. Grâce à sa générosité et son ingéniosité, Serge Vyisinubusa a fait de son village, au sud du Burundi, un exemple de réussite. De l'eau, de l'électricité, des crédits, des usines, des infrastructures : le développement est en route !
Il est simple, souriant, chaleureux et surtout généreux : Serge Vyisinubusa, 50 ans, riche commerçant, originaire de Manyoni au sud du Burundi, a le sens de l'intérêt collectif et cherche avant tout à développer son village natal. "Je connais les besoins de mes clients, de mes ouvriers, de mes employés, des voisins de ma ferme. Leur pouvoir d’achat est trop faible. Or, il y a bien de choses qu’on partage avec eux. C’est inutile de s’enrichir seul quand les voisins sont pauvres. Il faut faire en sorte que ta richesse leur profite", lance-t-il en sortant de son puissant Land cruiser. C'est ainsi qu'il vit rarement dans sa résidence de Bujumbura, préférant rester dans son village pour y poursuivre ses multiples activités. La plus récente et la plus spectaculaire est la centrale hydroélectrique terminée en février 2009 dans la vallée de la rivière Muhorera. "C’est un système simple. N’importe qui peut le faire", explique-t-il. Le cours du ruisseau de 50 cm de large a été dévié avec des pierres et des madriers : l'eau passe dans une conduite formée de vieux fûts sur plus de 200 m de long avant de tomber verticalement sur une turbine qui active un alternateur. Celui-ci produit du courant acheminé chez "Vyisi" par une ligne électrique d'un kilomètre long. La fée électricité change tout Ce barrage est né d'un besoin : éviter que le lait et d’autres produits agricoles se détériorent avant d’arriver aux consommateurs. Un moulin pour les céréales et une baratte pour le beurre étaient indispensables. "Je me disais chaque fois qu'il me fallait un frigo sur place. Il me fallait donc de l’électricité. Mon rêve s’est réalisé", confie-t-il. Grâce à cet ouvrage, ses voisins ont du courant pour leurs maisons. L’éclairage public sur des centaines de mètres a aussi changé la vie des habitants qui, le soir, causent et rient sous une lampe dans la rue. Le soir, les élèves peuvent enfin étudier. "Vyisi n’est pas un homme ordinaire. C’est un homme qui n’oublie pas les pauvres de là où il est né. Dieu le comble de bénédictions !", prie Adèle, une élève de Manyoni. Ce barrage est même devenu un lieu d’attraction pour les touristes et les autorités politiques. Serge compte bien d'autres réalisations à son actif : des adductions d'eau pour irriguer les champs en cas de sécheresse, une raffinerie d’huile de palme, une usine d’extraction de beurre, une école secondaire, une agence postale et un gîte pour loger les visiteurs font aujourd'hui la richesse de Manyoni, jadis enclavé et sans intérêt économique. Il emploie 161 personnes, dont des diplômés. En 2002, il a lancé un système de crédit pour les agriculteurs. Comme le "crédit fumier" qui consiste à prêter de un à quatre bœufs à ceux qui le désirent. Le contractant garde le bœuf et l'engraisse jusqu’à ce qu'il soit bon à abattre. Vyisi le récupère alors pour le vendre et le remplace par un plus jeune. Le paysan a ainsi du fumier et n'a plus à en acheter à plus de 40 $ la tonne. Des milliers de bêtes ont déjà été données à plus de 400 ménages. Crédit sans intérêt Agro-éleveur de renom, il représente la région sud du pays au Comité national des semences et des plants sous l’autorité directe du ministère de l’Agriculture et de l’élevage. Cette notoriété lui a permis de créer l’Association pour le développement intégré (ADI), une sorte de banque rurale qui gère et distribue sans intérêt des crédits semences et du matériel scolaire. "Ils se font inscrire, chacun précise la quantité dont il a besoin, précise-t-il. Par exemple, qui prend 5 kg de haricot remboursera autant en nature à la récolte." Une aide utile, car les paysans manquent souvent de semences au moment des semis en raison de récoltes insuffisantes ou d'une mauvaise gestion de leurs produits quand ils les vendent pour payer la bière… Depuis deux ans aussi, les élèves du secondaire prestent, durant les vacances, à la ferme du patron, au traçage des courbes de niveau sur les collines et à la réhabilitation des routes. Payés 1 $ par jour, ils n’attendent plus rien de leurs parents à la rentrée scolaire. "Les vacances dernières, j’ai payé ainsi 10 millions de Fbu (10 000 $) pour réhabiliter la route Matana-Manyoni (20 km), en 59 jours. J’espère que l’association de développement communal me remboursera. C’est triste de voir un élève intelligent qui rate ses études par manque de cahiers et de stylos", raconte Serge. Dans la région, tout le monde – jeunes, vieillards, autorités… – le salue avec respect. "Il fait ce que font les vaches aux hommes, estime Prime Nimubona, de Manyoni, reprenant une expression courante dans le pays pour dire qu'il ne fait que du bien. Si tous les Burundais pouvaient avoir son cœur et faire comme lui !" ![]() version imprimable |
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