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A l'avenir... Syfia Grands Lacs s'étend et se diversifie. D'autres projets s'y sont rattachés. Celui de Mongongo, le journal-école de Kisangani qui permet aux jeunes sortant de l'université d'avoir une formation pratique et est le seul journal régulier de la ville. Celui du suivi des processus électoraux au Rwanda dans le respect des règles professionnelles. La production d'articles et de dossiers, montrant les réalités quotidiennes des trois pays des Grands Lacs, se poursuit . Deux journaux sont publiés, l'un en RD Congo et l'autre au Burundi. |
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par Gloria Umutoniwase
Rwanda (Syfia Grands Lacs/Rwanda) Pour de nombreux jeunes pères rwandais, bravant la tradition, s'occuper de la maison et de leurs enfants, n'est plus une honte, mais une satisfaction : moins de conflits dans leur foyer, meilleure éducation des enfants, relation plus équilibrée avec leurs femmes…
"Après les heures de travail, ma femme va à l’école et c’est moi qui me charge de garder les enfants", déclare, très fier, Louis, père de 4 enfants. Il prend plaisir à partager les tâches avec son épouse : "Je découvre la réalité de ce qui se passe à la maison, l’effort que cela coûte, et ainsi je comprends mieux ma femme". Maintenant que des femmes prouvent leurs compétences dans de nombreux domaines : administration, business, études..., les hommes s’intéressent davantage aux tâches domestiques. "Ça ne fait plus honte de voir un homme faire la cuisine quotidienne et souvent c’est moi qui change et baigne mes enfants", témoigne Kayihura, un homme de 40 ans. Dans la tradition rwandaise, le travail domestique était exclusivement réservé à la femme et l’homme qui s’en occupait était méprisé par la société. "On l’appelait 'Inganzwa' pour dire qu’il est très soumis aux ordres de sa femme" explique Janvière B. membre d’une association pour la protection des droits de l’homme et de l’enfant. Si un homme s’occupait de ce genre de tâches,"il n’était plus un homme, et on accusait souvent sa femme d’avoir détourné son esprit par la magie ou la sorcellerie", ajoute-t-elle. Relation équilibrée "Aujourd'hui, la tradition perd de sa valeur et on remarque des changements", poursuit Janvière. Ce sont les couples jeunes qui sont les plus nombreux à changer d'attitude et ils y trouvent beaucoup de satisfactions. "J’attache beaucoup d’importance à m’occuper de tout à la maison, c’est un témoignage d’amour et d’affection envers ma femme", explique Vincent, jeune homme de 35 ans. "En plus, cela nous évite des conflits sur la gestion qui sont fréquents dans les foyers", poursuit-il en affirmant que, depuis qu’il assure cette fonction lui-même, il n’accuse plus sa femme de gaspillage. D’aucuns affirment que les familles qui vivent cette expérience sont les plus équilibrées et celles où règne la meilleure entente. "Le fait que mon mari s’occupe des tâches quotidiennes renforce nos liens, reconnaît Elyse U, car, par ce partage, lui aussi se sent responsable et ne me condamne pas quand telle ou telle chose n’est pas bien faite",. Pour Ernestine, jeune mère de 4 enfants, "cela touche aussi directement à l’éducation des enfants, qui, avant, étaient à la charge d’un seul des parents : la mère". Pour elle, c’est une bonne leçon pour la société toute entière. "Aucun travail n’est interdit à une certaine catégorie de gens", conclut-elle. Résistance aux changements Cependant, toujours par crainte des critiques, des pères ne veulent pas changer, surtout les plus âgés. "Vraiment, je ne me vois pas en train de faire le ménage en présence de ma femme et de mes enfants", déclare Nyagahene, marié depuis 28 ans. Même en leur absence, il ne trouve aucun intérêt de s’ingérer dans un travail qui ne le concerne pas. "D’ailleurs, je ne saurais pas comment m’y prendre", reconnaît-il. Innocent K., s’occupe de sa maison, mais parce qu’il y est contraint et il n’en est pas fier. "Ma femme est toujours absente et je n’ai pas les moyens de me payer une bonne", ce qui le préserverait des regards critiques de ses amis, pense-t-il. Ceux-ci justifient souvent la résistance des hommes. Pour Eric Ikibondo, jeune garçon de 25 ans, il faudra du temps pour que les hommes deviennent indifférents aux qu'en dira-t-on. "Chez nous, les voisins ne cessent de se moquer de mon père en le voyant baigner mon petit frère, remarque Éric, ce qui le découragerait, s’il n’était pas déterminé." "Il reste un grand pas à franchir, car ce n’est pas facile de déraciner cette tradition qui a longtemps marqué notre société, estime Jean Pierre, père de trois enfants et docteur en psychologie sociale. Tout Rwandais devrait trouver une satisfaction et un intérêt à ce que les hommes s’occupent des tâches quotidiennes, au vu des bons résultats qui en découlent." ![]() version imprimable |
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