Syfia Grands Lacs http://syfia-grands-lacs.info Tout savoir sur les Grands Lacs Wed, 10 May 2017 10:17:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.5 Nord-Kivu/Rutshuru : La carte d’électeur à tout prix http://syfia-grands-lacs.info/2017/05/10/nord-kivurutshuru-la-carte-delecteur-a-tout-prix/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/05/10/nord-kivurutshuru-la-carte-delecteur-a-tout-prix/#respond Wed, 10 May 2017 10:17:41 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1122 Ils sont prêts à tout pour obtenir la carte d’électeur. A Rutshuru, territoire du Nord-Kivu, des centaines de déplacés qui n’ont pas pu s’enrôler dans leur site d’origine à cause de l’insécurité, continuent de camper dans la cité de Kiwanja avec l’espoir que la CENI trouvera une solution à leur problème.
“Je ne sais pas me promener sans cette carte. Je me sens en insécurité comme si je n’avais pas d’identité”, se désole Abdalah Kadafi, venu de Kikuku, son village d’origine.

“J’ai fui la guerre chez nous il y a deux semaines. Nos centres d’enrôlement ont été attaqués par des groupes rebelles pendant que je faisais encore la queue pour attendre mon enregistrement”, se souvient-il amèrement.

Comme lui, des centaines de déplacés venus de la chefferie de Bwito et qui se sont installés dans la cour de l’église catholique de Kiwandja, sont dans l’impasse pour obtenir leur carte d’électeur. Cette dernière fait en effet office de carte d’identité en RD Congo. Leurs centres d’enrôlement avaient connu des perturbations suite à la recrudescence de l’insécurité causée par l’activisme de plusieurs groupes armés dans cette partie du territoire de Rutshuru.

Regards tournés vers la CENI
Loin de leur milieu d’origine, ces déplacés espèrent obtenir leur carte d’électeur même si pour cela ils devront voter dans une circonscription électorale qui n’est pas la leur. “Je dois m’enrôler ici à Kiwanja. Je ne me préoccupe pas du vote .Comment penser voter pour des gens qui ne sont pas capables de rétablir l’autorité de l’Etat chez nous ?”, déclare une déplacée. “Les agents de la Commission électorale nationale indépendante nous avaient promis des kits pour être enregistrés ici sur place. Mais seulement voilà, tous les bureaux d’enrôlement viennent de fermer”, se plaint cet autre jeune déplacé qui espère une issue rapide à leur requête.
Pour la CENI, les travaux d’enrôlement ont été un succès dans le territoire de Rutshuru où 648 337 personnes ont été enrôlées sur les 622 333 attendues.

“S’il ya des déplacés qui n’ont pas jusque là des cartes d’électeurs, cela influencera moins l’issue du vote. Sauf pour ceux qui se sont enrôlés ailleurs que dans leur circonscription d’origine. Ce qui constitue un manque à gagner pour leurs futurs candidats”, se contente de répondre Eugène Rwiyereka, chef d’antenne locale de la CENI en territoire à Rutshuru.

Evariste Mahamba

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URGENT/RDC : La liste détaillée du gouvernement Tshibala est là http://syfia-grands-lacs.info/2017/05/09/urgentrdc-la-liste-detaillee-du-gouvernement-tshibala-est-la/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/05/09/urgentrdc-la-liste-detaillee-du-gouvernement-tshibala-est-la/#respond Tue, 09 May 2017 14:59:08 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1118 Un mois après sa nomination au Poste de Premier Ministre, la liste des membres du gouvernement de Bruno Tshibala a été rendue publique mardi 9 mai à Kinshasa, sur les antennes de la Radio télévision nationale.
La nouvelle équipe comprend trois vice-Premiers ministres, neuf ministres d’Etat, 35 ministres et 11 vice-ministres.
Les principaux ministres du précédent gouvernement conservent leurs portefeuilles. Font une entrée remarquée dans cette équipe gouvernementale, Tshibangu Kalala, Lisanga Bonganga, du Rassemblement (aile Olenghankoy), Joseph Kapika et Papi Niango de l’UDPS.

Premier Ministre, Bruno Tshibala
Vice premiers ministres
1. Affaires étrangères et coopération régionale, Leonard She Okitundu (inchangé)
2. Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadari (inchangé)
3. Transport et communication, José Makila Sumanda (inchangé)

Ministres d’état
1. Justice, garde des sceaux, Alexis Thambwe Mwamba (inchangé)
2. Plan, Modeste Bahati Lukwebo (permuté)
3. Economie nationale, Joseph Kapika Dikangu (nouveau)
4. Budget, Pierre Kangudia (inchangé)
5. Décentralisation et réforme des institutions, Azarias Ruberwa Manyiwa (inchangé)
6. Commerce extérieur, Jean-Lucien Busa Tongba (permuté)
7. Travail, emploi et prévoyance sociale, Lambert Matuku Mena (inchangé)
8. Fonction publique, Michel Bongongo Ikoli (inchangé)
9. Relations avec le parlement, Jean-Pierre Lisanga Bonganga (nouveau)

Ministres
1. Défense nationale, anciens combattants et réinsertion, Crispin Atama Tabe (inchangé)
2. Finances, Henri Yav Mulang (inchangé)
3. Communication et medias, Lambert Mende Omalanga (inchangé)
4. Portefeuille, Wivine Mumba Matipa (inchangé)
5. Postes, télécommunication et nouvelles technologies de l’information, Emery Okundji (nouveau)
6. Mines, Martin Kabwelulu (inchangé)
7. Affaires foncières, Lumeya Dhu Malegi (nouveau)
8. Aménagement du territoire et rénovation de la ville, Félix Kabange Numbi (inchangé)
9. Infrastructures, travaux publics et reconstruction, Thomas Luhaka Losendjola (inchangé)
10. Urbanisme et habitat, Joseph Kokoniangi (inchangé)
11. Hydrocarbures, Emile Ngoy Mukena (inchangé)
12. Industrie, Marcel Ilunga
13. Énergie et ressources hydrauliques, Ingele Ifoto (nouveau)
14. Environnement et développement durable, Amy Ambatobe
15. Tourisme, Franck Mwe Di Malila
16. PME, Bienvenu Liyonda
17. Coopération au développement, John Kwet
18. Agriculture, Georges Kazadi Kabongo
19. EPSP, Gaston Musemena (inchangé)
20. Genre, Chantal Nsafu (inchangé)
21. Affaires sociales, Eugène Serufuli (inchangé)
22. Solidarité et action humanitaire, Bernard Nyango Sango
23. Sports et loisirs, Papi Niango (nouveau)
24. ESU, Steve Mbikayi Mabuluki (inchangé)
25. Formation professionnelle, métiers et artisanat, Pierrot Mweka
26. Recherche scientifique, Heva Mwakasa (inchangé)
27. Développement rural, Justin Bitakwira (permuté)
28. Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa (inchangé)
29. Santé, Oly Ilunga
30. Jeunesse et initiation à la nouvelle citoyenneté, Maggy Kiala (inchangé)
31. Pêche et élevage, Paluku Ifaka
32. Affaires coutumières, Guy Mikulu
33. Culture et arts, Astrid Madiya
34. Délégué aux congolais de l’étranger, Emmanuel Ilunga
35. Délégué près le premier ministre, Tshibangu Kalala

Vice-ministres:
1. Affaires étrangères : Matembo Toto
2. Coopération internationale : Freddy Kita Bukusu
3. Intérieur et Sécurité : Basile Olongo (inchangé)
4. Budget: Maguy Rwakabuba (inchangé)
5. Finances : Jean-François Mukuna
6. Postes, Télécommunications et NTIC: Omer Egbake
7. Infrastructures travaux publics et reconstruction: Papy Miantezolo
8. Travail et Prévoyance sociale : Kabongo Kalonji
9. Agriculture: Noël Botakile Botanga
10. Urbanisme et Habitat : Willy Bolio Emina
11. Plan : Jean-Pierre Zepele Mondombe

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Le cureur des toilettes à mains nues de Kinshasa à Brazzaville http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/26/le-cureur-des-toilettes-a-mains-nues-de-kinshasa-a-brazzaville/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/26/le-cureur-des-toilettes-a-mains-nues-de-kinshasa-a-brazzaville/#respond Wed, 26 Apr 2017 19:40:37 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1114 “Benda WC, benda WC !” Chaque matin, les cureurs annoncent à grands cris leur présence dans les quartiers de Brazzaville qu’ils sillonnent à la recherche de clients, munis de pelles, de pioches et de boîtes vides. Cette activité est née au sortir de la guerre de 1997 pour remédier au manque de véhicules vidangeurs des services de voirie. La journée, les jeunes creusent les trous où ils déverseront la nuit les matières fécales qu’ils ont vidangées.
Les cureurs participent activement à l’amélioration de la salubrité des villes. Mais leur activité doit être mieux encadrée. “Ils déversent les matières fécales dans les parcelles, dans la rue ou dans les rivières et exposent ainsi la population à des maladies”, se plaint un habitant voisin de la rivière Madoukou, à Moungali, dans le 4ème arrondissement de Brazzaville. Autre souci pour la santé et l’environnement : pour ne pas déranger le voisinage, lorsqu’ils travaillent, les cureurs brûlent des pneus afin que la forte odeur de la fumée masque celle des matières fécales…

“Ils polluent ainsi l’atmosphère. Par ailleurs, ils s’exposent à la fièvre typhoïde ou aux vers intestinaux. Ils devraient avoir des gants, des bottes et des cache-nez et surtout enterrer les excréments vidangés”, résume Émile Boubanga, épidémiologiste au Centre hospitalier universitaire.

Vidanges rentables
Au niveau des services d’hygiène, ce métier n’est pas bien vu non plus. Le Dr Innocent Victor Ossete Ayessa, médecin-chef du Centre d’hygiène et de génie sanitaire de Brazzaville, y voit “un vecteur important de maladies telles que les diarrhées, la typhoïde et le choléra”. Un autre employé du même service, insiste hors micro pour que l’État interdise cette pratique, fournisse à la mairie des véhicules à moindre coût et mette à disposition un lieu où seront déversés les excréments.
Dominique Matondo, secrétaire général de Congolaise Terre des hommes association (CTHA), une OSC œuvrant dans l’assainissement et la protection de l’environnement, plaide dans le même sens :

“Les services de voirie devraient créer de petites unités pour protéger la population et éviter que ces jeunes ne s’exposent aux maladies”. Il renchérit : “Ces cureurs devraient avoir une visite médicale tous les trois mois : leur santé en dépend”.

Kinshasa et Brazzaville
Au départ, le métier de cureur, considéré comme avilissant, était réservé aux jeunes Congolais originaires de RDC qui, appliquait “l’article 15” cher à leur ancien président, le maréchal Mobutu, à savoir, en résumé : “Débrouille-toi pour survivre”. “Je fais ce métier depuis trois ans. Les premiers mois, quand je suis arrivé à Brazza, j’étais à la charge des amis que j’avais suivis. Un jour, ils m’ont mis dehors. Sans métier ni qualifications, j’étais contraint de me lancer dans cette activité. Aujourd’hui, j’ai fait venir de Kinshasa ma femme et mes deux enfants”, annonce triomphalement Johnny. Faute d’emplois, certains Brazzavillois suivent timidement le même mouvement. Comme Alain, qui fait connaître à un maximum de personnes son numéro de téléphone personnel. “Souvent, d’anciens clients me rappellent”, se réjouit-il.
Chaque jeune cure quatre à cinq WC par semaine. Le prix de la vidange dépend de la profondeur des latrines : il varie entre 7 500 et 12 000 Fcfa (entre 11 et 18 €). Johnny estime gagner au minimum 90 000 Fcfa (137 €) par mois, nettement plus que le Smig (50 000 Fcfa, environ 75 €).

Marien Nzikou-Massala

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Violences familiales : La loi protège les veuves contre les pseudos traditions http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/20/violences-familiales-la-loi-protege-les-veuves-contre-les-pseudos-traditions/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/20/violences-familiales-la-loi-protege-les-veuves-contre-les-pseudos-traditions/#respond Thu, 20 Apr 2017 16:45:47 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1111

“Mon père, craignant la sorcellerie, a essayé de me convaincre d’abandonner les poursuites contre ma belle-famille. Mais, connaissant le droit, je ne me suis pas résignée. Aujourd’hui, je touche la pension de mon défunt mari !”, se félicite Reglane.

Comme elle, beaucoup de veuves subissent des pressions, parfois même des sévices au “nom de la tradition” au moment du décès de leur époux. La peur de la sorcellerie, la nécessité de protéger leurs enfants, fait que bon nombre d’entre elles se laissent faire en silence. “Il n’y a pas que des veuves dont le niveau d’éducation est faible qui sont victimes. Certaines, instruites, plient également”, déplore Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko.

Au Congo, le Code de la famille réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux), mais ces dispositions sont régulièrement bafouées.

Consultées, certaines familles, qui font pression sur les veuves, n’ont pas voulu s’exprimer. Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, leur attitude s’apparente à tout sauf à la tradition : “Ces brimades arrivent souvent quand la veuve, du vivant de son mari, n’était pas en bons termes avec ses belles-sœurs. Le deuil est pour elles le moment de se venger”.

Faire valoir ses droits
Ces dernières années, plusieurs associations expliquent aux veuves que la loi interdit les sévices ou mauvais traitements exercés sur elles à l’occasion des cérémonies de deuil. La règlementation prévoie la répression de ces actes conformément au Code pénal. Le Code de la famille indique également que le refus de se soumettre à ces rites ne peut pas constituer une injure au défunt. Herman Batamio Matondo prend le cas d’Agathe récemment accompagnée par son association : “Un jugement a été rendu. Aujourd’hui, elle touche sa pension. Malgré les foudres de la famille que cela lui a values, elle est rentrée dans ses droits. La loi existe dans le pays !”
En 2010, l’association Mibeko a ainsi aidé 56 veuves à obtenir, par exemple, leur pension, capital de décès ou rente. Le Comptoir juridique junior (CJJ), a également œuvré dans le même sens par le passé. “L’Etat est regardant sur ces problèmes de droits. Il suffit que la personne violentée dénonce ce genre de comportements et l’Etat applique la loi”, assure Lilian Barros, coordonnateur de cette structure.
Inspirés du droit coutumier, certains articles du Code de la famille (1984), ne semblent cependant plus adaptés. Joseph Likibi, coordonnateur du Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture (REIPER), explique :

“La loi ne tient compte que des femmes mariées à l’état civil alors que leur pourcentage est très faible… Toutes les veuves ne pourront jamais aller devant les tribunaux, car la loi ne les protège pas”.

Antivaleurs et traditions
Pour M. Likibi, pour qu’un grand nombre de veuves puissent bénéficier de leurs droits, “elles doivent avoir soit un acte de mariage, soit un certificat de concubinage délivré par la mairie”. Le dépôt du testament chez le notaire, pour éviter que ce document ne soit déchiré par la première personne qui tombe dessus, est une autre protection pour ces femmes, estiment les associations.
Reconnaissant le manque d’informations sur les droits des veuves, Daniel Mondinzoko, directeur départemental des Affaires sociales, qui collabore avec les juristes, explique : “La loi reste la loi, mais nous faisons en sorte que la tradition ne soit pas totalement marginalisée”. Pour M. Miabeto, il faut bien différencier antivaleurs et traditions :

“La tradition est la transmission des valeurs des sociétés du passé. De nos jours, il y a beaucoup de confusions entre la tradition et des pratiques tout à fait inhumaines exercées sur des veuves”.

Marien Nzikou-Massala

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Nord-Kivu : rebelles Sud-soudanais, trop lent retour chez eux http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/19/nord-kivu-rebelles-sud-soudanais-trop-lent-retour-chez-eux/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/19/nord-kivu-rebelles-sud-soudanais-trop-lent-retour-chez-eux/#respond Wed, 19 Apr 2017 01:05:43 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1097 En six mois, seuls 8 ex-rebelles sud-soudanais ont accepté d’être rapatriés chez eux, sur plus de 500 cantonnés près de la base de la Monusco à Munigi, à environ 3 Kms au Nord-est de Goma, en territoire de Nyiragongo.

“Très insignifiant comme chiffre. Le rapatriement s’effectue vraiment au compte-gouttes, c’est trop lent”, rouspète Antoine Ndagige, Vice-président de la société civile du territoire de Nyiragongo.

Pour sa part le Vice-ministre sortant de la défense juge “le processus normal”. Corneille Masuasuwa Bakatushipa rappelle que le droit international humanitaire interdit de rapatrier qui que ce soit par la force dans son pays.

“Ce sont nos frères, nos amis et en matière de conflits on ne peut pas renvoyer quelqu’un de force au risque de l’exposer à la mort ou à l’assassinat. Seul celui qui exprime la volonté de retourner chez lui peut partir. C’est à la diplomatie menée par les gouvernements congolais et sud-soudanais d’organiser comment recevoir ces compatriotes”, explique le Vice-ministre.

Efforts de sensibilisation
Des explications qui ne passent pas dans les oreilles de la société civile du Nord-Kivu qui met en doute la bonne foi des acteurs.

“C’est faux ! Ces rebelles ont manifesté la volonté de quitter la RDC. Notre crainte c’est que notre pays a toujours été victime de son hospitalité et nous devons prévenir le pire comme il s’agit des combattants. Nous exigeons que ce processus soit vite accéléré”, appelle Antoine Ndagige.

De son côté, la Monusco parle plutôt d’un début de rapatriement de ces ex-rebelles. “Ces combattants n’ont jamais présenté une menace pour la population civile. Nous sommes en train d’entamer de les sensibiliser pour qu’ils acceptent tous de regagner leurs pays”, a promis David Greesley, Représentant spécial adjoint du Secrétaire General des Nations Unies chargée des opérations à l’Est de la RD Congo.
Rappelons que ces combattants, fidèles à l’ex-Vice-président Riek Machar, ont fui depuis septembre 2016 les hostilités qui les opposaient au régime actuel de Salva Kiir au Soudan du Sud, le plus jeune Etat africain, indépendant depuis juillet 2011.

Evariste Mahamba

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Sud Kivu : les humanitaires remplacent l’État à Bunyakiri http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/17/sud-kivu-les-humanitaires-remplacent-letat-a-bunyakiri/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/17/sud-kivu-les-humanitaires-remplacent-letat-a-bunyakiri/#respond Mon, 17 Apr 2017 16:28:17 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1067 “Nous sommes sans doute dans l’un des coins les plus vulnérables du pays”, explique un humanitaire du Programme élargi et d’assistance aux retournés (PEAR+), un projet d’urgence pour les zones qui ont connu de nombreux déplacés. C’est le cas de Bunyakiri, situé à 80 km au nord de Bukavu en territoire de Kalehe, à environ 3 h de moto du chef-lieu du Sud-Kivu. Le nombre d’habitants n’y est pas exactement connu car les populations fuyant des combats ne cessent de se déplacer. Certaines données sanitaires parlent de près de 75 000 personnes.

Ce qui frappe dès qu’on arrive à Bunyakiri, c’est la très forte présence des associations humanitaires. On ne voit que des véhicules 4X4 flanqués de petits drapeaux – ACF (Action contre la faim), IRC (International Rescue Committee), Search for Common Ground… et tant d’autres – qui vont et viennent sur ce qu’il reste de la route bitumée datant de l’époque coloniale.

Les humanitaires sur tous les fronts
Depuis une dizaine d’années, cette région de près de 2 500 km² est de plus en plus dépendante de l’assistance de la vingtaine d’organisations humanitaires internationales et nationales présentes sur place. Elles tiennent presque tout en main : la santé, l’éducation, la justice qui reçoit un appui financier pour l’organisation des chambres foraines.
Le long de la route, on aperçoit des écoles neuves ou en reconstruction, qui remplacent peu à peu les tentes encore nombreuses où les enfants, assis sur des planches, suivent les cours. Toutes ont été construites par les humanitaires qui parfois donnent aussi des fournitures scolaires aux enfants. Pour éviter la malnutrition, les élèves du primaire mangent dans les cantines des écoles appuyées par le Programme alimentaire mondial (PAM). Des centres de santé bénéficient de dons en médicaments. Certaines maladies comme le choléra et la malaria sont presque totalement prises en charge par ces Ong.

“La situation est tellement confuse que tout est prioritaire. Cette zone a été oubliée pendant des années et les forces négatives comme les Raïa Mutomboki ont ravagé le peu qu’il y avait. On dirait un coin à refaire. L’Etat y a démissionné”, se lamente Joseph Muhaya, un notable du coin.

La route devient chaque jour plus impraticable, malgré les efforts des Ongs qui jouent le premier rôle dans le désenclavement de la région. Les gros véhiculent chargés de marchandise mettent jusqu’à une semaine pour relier les 80 Kms qui séparent Bukavu de Bunyakiri, où la seule radio opérationnelle n’émet que le soir, appuyée techniquement et parfois financièrement par Search for Common Ground, une organisation américaine.

L’État inexistant
“On reste encore enclavé car l’État ne s’y met pas totalement, il a presque démissionné” affirme Muhaya qui est aussi chef coutumier à Bunyakiri.
L’administration locale est démunie, les bureaux de l’État quasi inexistants. On ne sent la présence de l’État qu’au poste d’encadrement administratif où des gens viennent souvent de plus de 40 km pour régler certains problèmes. Une forte présence militaire est remarquée au principal centre commercial de Bulambika mais la police est presque absente. En l’absence de sécurité, la population se concentre dans les zones urbaines et du coup, la production agricole est faible. Les habitants dépendent donc en grande partie de l’aide humanitaire. Certains bénéficiaires en revendent une partie au marché à faible prix pour avoir un peu d’argent.
Mais les habitants craignent pour l’avenir.

“Notre école vient d’être reconstruite et même les manuels et autres fournitures ont été donnés aux enfants. C’est bien, mais je ne sais pas ce qui se passera lorsque toutes ces ONG partiront”, s’inquiète un enseignant d’une école reconstruite par PEAR+.

L’intervention humanitaire est ici tellement considérable qu’on voit les campements ou les sites de ces organisations le long de la route, ce qui ne se voit pas ailleurs. “Chaque mois, nous restons trois semaines ici et une semaine à Bukavu, et cela depuis que nous sommes arrivés, explique un agent d’AVSI, une organisation italienne, car c’est nous qui avons presque tout en main.”

Yves Polepole

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Goma: Des jeunes réunis contre les stéréotypes du génocide http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/17/goma-des-jeunes-reunis-contre-les-stereotypes-du-genocide/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/17/goma-des-jeunes-reunis-contre-les-stereotypes-du-genocide/#respond Mon, 17 Apr 2017 11:38:23 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1063

“La plaie ne sera guérie que lorsqu’on cessera de remuer le couteau dedans à chaque fois”.

Telle est la profession de foi de quatre jeunes artistes congolais et rwandais pour briser les stéréotypes entre ces deux peuples voisins de la sous-région des Grands Lacs. A travers leur groupe dénommé Simama Africa (débout l’Afrique, Ndlr), ils ont réussi à mobiliser une trentaine d’autres jeunes venus de ces deux pays pour une journée de réflexion vendredi 14 avril au Centre d’accueil protestant à Goma.

“Nous avons pensé que c’est le bon moment de créer un dialogue entre la jeunesse de ces deux pays pour voir comment briser la méfiance que risquerait de créer chaque année la commémoration du génocide rwandais d’avril 1994. Nous sommes tous conscients de cette triste histoire. Mais si nous continuons à y réfléchir négativement, nous ne saurons pas construire la paix entre nous”, explique Fiston Muhindo, l’un des initiateurs du groupe.

Pour lui, la persistance des FDLR et d’autres groupes armés en République démocratique du Congo tire son origine de cet événement malheureux.

Plus de 5 millions de morts en RDC
“Nous estimons aujourd’hui que plus de 20 ans après, la majorité de groupes armés qui pullulent dans notre région est constituée des jeunes manipulés par des anciens pour leurs propres intérêts”, regrette-t-il, avant de considérer que si le M23 a aussi existé et que l’on indexe le Rwanda d’en être le parrain, c’est toujours à cause du génocide. Ce qui ne fait que renforcer davantage les préjugés entre les jeunes de ces deux pays.

Sans compter que le conflit en RDC a déjà fait plus de 5 millions de morts, selon plusieurs rapports d’experts.

Si pour ce jeune Congolais, la jeunesse devrait s’impliquer dans la recherche d’une solution durable, son ami Rwandais pense que l’idée d’organiser des jumelages et échanges est la meilleure.
A la veille de l’entrée des rebelles du M23 à Goma en 2012, “j’avais été sérieusement menacé à la grande barrière (poste frontière entre Gisenyi et Goma) lorsque je voulais venir ici à Goma. J’avais fini par me résoudre de ne plus mettre mes pieds ici. Aujourd’hui je comprends qu’il y a des mauvaises perceptions entre les jeunes de ce deux pays parce que certains gardent encore des images de la haine de 1994 alors que nous sommes déjà en 2017”, rappelle-t-il. Ce jeune croit fermement que l’histoire ne devrait pas diviser tout un peuple, avant d’annoncer qu’au moment de la séance de dialogue deux à deux entre Congolais et Rwandais, il est parvenu à convaincre son ami Congolais d’aller prendre part à une activité au centre culturel rwandais à Gisenyi.

Arrêter de stigmatiser
Invitée à cette activité, Hilda Vagheni, responsable de la communication au sein de l’Eglise du Centre Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA) pense que les deux pays devraient mettre en place une politique qui permette de diluer certaines phraséologies du genre “génocide faite au Tutsi”… Répéter cette phrase met dans une position de représailles les jeunes de cette communauté mais aussi cela créer un sentiment de culpabilité dans le chef des jeunes Hutus. Ce qui d’après elle, freine la consolidation de la paix entre les deux peuples voisins”.
L’initiative Simama Africa intervient au lendemain de l’organisation de la 9ème édition de la journée diocésaine des Jeunes. Une opportunité pour des chrétiens de toutes les confessions religieuses du Rwanda, du Burundi et du Kenya venus célébrer la paix en Jésus Christ avec ceux des du Nord et du Sud-Kivu.

“Nous sommes tous le même à l’image de Jésus Christ qui n’a pas de tribus. Il est là pour tout le monde sans discrimination de races ou de tribus, de communautés ou d’ethnies”.

C’est l’essentiel du message qui sortait des discussions de ces jeunes. Coordonnateur diocésain Xavery du Burundi, Chegetera Isidore soutient que “la jeunesse devrait rentrer de ce forum avec la culture de la paix pour être des leaders dans leurs communautés d’origine”.

Evariste Mahamba

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Brazzaville-Kinshasa : “L’ignorance est le cancer le plus dur à soigner” http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/15/brazzaville-kinshasa-lignorance-est-le-cancer-le-plus-dur-a-soigner/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/15/brazzaville-kinshasa-lignorance-est-le-cancer-le-plus-dur-a-soigner/#respond Sat, 15 Apr 2017 14:56:37 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1061 En attente d’un traitement qui tarde à lui être administré, Médard (*), allongé depuis un mois sur son lit d’hôpital au service de cancérologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville, surmonte avec peine le cancer de la prostate qui le ronge.

“Ce n’est pas facile de vivre avec cette maladie, car tu vis avec l’idée que tes jours sont comptés, lâche-t-il, le regard fixé sur le sol. Quand on m’a annoncé mon mal, c’était comme si tout s’écroulait devant moi”.

Traits tirés et amaigri, il fait partie des 600 cancéreux que ce CHU a reçus depuis fin 2009. Ils n’étaient que 200 en 2005. “Le registre des cancers existe à Brazzaville depuis 1996. Il est le seul outil d’information sur cette pathologie et représente un échantillon de toute la nation, dans la mesure où des malades viennent d’autres hôpitaux et d’autres régions”, précise Gérard Ibara, responsable de ce registre.

Prévention efficace et moins coûteuse
Le directeur de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Luis G. Sambo, tirait dernièrement la sonnette d’alarme : “Bon nombre de patients n’ont toujours pas accès aux services de dépistage et de diagnostic, ni à un traitement approprié (…). Selon le Rapport sur le cancer dans le monde en 2008, les nouveaux cas de cancer devraient passer de 13 millions à près de 27 millions par an d’ici 2030 ; le cancer entraînera chaque année le décès de quelque 17 millions de personnes. En Afrique, le nombre de nouveaux cas était estimé à 667 000 en 2008, avec 518 000 décès”. Et le directeur Afrique de poursuivre : “De nombreux cancers sont causés par des infections virales, bactériennes ou parasitaires persistantes (…). La vaccination et le traitement peuvent contribuer à réduire substantiellement la charge des cancers causés par ces infections (…). Pour la plupart des cancers, il existe des mesures préventives. On préconise notamment de cesser la consommation de tabac, d’éviter l’usage nocif d’alcool, d’entreprendre régulièrement l’activité physique et d’adopter un régime alimentaire sain, riche en fruits et légumes”.

Détectés et soignés à temps, certains cancers se guérissent. Mais, la cherté des traitements désespère les malades. Pour le Pr Claude Maylin, conseiller médical du président Denis Sassou Nguesso, “les Africains doivent beaucoup plus investir dans la prévention et dans la détection parce qu’elles ne coûtent pas trop cher à mettre en place. L’Afrique doit considérer que c’est l’outil le plus efficace et le moins cher qui permettra d’améliorer de 20 % la survie d’ici 10 ans”, a-t-il annoncé lors du 5e congrès Euro africain de cancérologie tenu en 2010 à Brazzaville.
Paul Ndom, président de l’association Solidarité chimiothérapie, une OSC basée au Cameroun, s’exprimant lui aussi à l’occasion de ce congrès, a insisté sur l’importance du rôle des associations :

“L’ignorance est le cancer le plus dur à soigner (…). Les associations doivent être des éducateurs capables de ramener une information de valeur à un niveau très bas pour qu’on comprenne ce qu’est le cancer et qu’on s’organise pour mieux le vaincre”.

« C’était déjà trop tard… »
Au Congo, SOS Femme Elikia, accompagnée des personnels de santé, mène ainsi des campagnes de sensibilisation dans les marchés et lieux publics auprès des femmes, et, selon les besoins du service de cancérologie du CHU, fait des dons de médicaments. Ce genre de démarches est apprécié par la population, mais certains assimilent toujours le cancer à un mauvais sort.

“Notre famille se déchirait parce que ne maîtrisant pas de quoi souffrait notre frère. Nous l’avons amené ici et là chez des marabouts, sans résultats… Lorsque le scanner fait à Kinshasa a révélé qu’il souffrait du cancer, c’était déjà trop tard…”, explique le frère d’un malade.

Dans le but d’éveiller une large prise de conscience, Mme Ndengué, présidente de SOS Femme Elikia, souhaite qu’il y ait au Congo une plate-forme qui s’occupe des cancéreux. “Nous avons suggéré aux pouvoirs publics de mettre en place un système de protection sociale pour alléger le poids des dépenses supportées par les parents des malades”, rappelle de son côté M. Ngafoula, vice-président de l’Union congolaise contre le cancer. Martin Djouob, conseiller technique au ministère de la Santé, explique ainsi l’absence de prise en charge : “Le cancer, considéré comme une maladie à évolution lente et lié à nos habitudes, n’avait pas trop d’ampleur par le passé. Mais, nous envisageons à présent un plan contre toutes ces maladies non transmissibles”.
En attendant, d’autres associations accompagnent les cancéreux dans leurs derniers jours. Sœur Éliane, présidente de l’Association congolaise accompagner, confie :

“Nous allons dans les hôpitaux et au domicile des malades pour leur administrer des médicaments. Nos psychologues sont à leur écoute. Quand l’un d’eux meurt, nous aidons les parents à organiser les obsèques”. “Le malade, poursuit-elle, doit être au centre de toutes les démarches thérapeutiques. Nous le considérons comme une personne à part entière”.

(*) À la demande des malades, certains prénoms ont été modifiés

Marien Nzikou-Massala

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Crise en RDC : l’UA annonce l’envoie d’une délégation de haut niveau http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/13/crise-en-rdc-lua-annonce-lenvoie-dune-delegation-de-haut-niveau/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/13/crise-en-rdc-lua-annonce-lenvoie-dune-delegation-de-haut-niveau/#respond Thu, 13 Apr 2017 15:09:24 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1054 Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a annoncé mercredi 12 avril qu’il dépêchera dans les prochains jours, en RDC, une délégation de haut niveau. Composée des Commissaires à la Paix et à la Sécurité et aux Affaires politiques, le but de cette mission est “d’une part, de consolider la paix, la stabilité et le dialogue, et d’autre part, d’évaluer le soutien nécessaire au processus électoral et la situation humanitaire dans l’Est du pays”, annonce un communiqué de presse de l’Union africaine parvenue à Syfia Grands Lacs.

L’Union africaine a fait cette annonce à l’issue de l’audience le mercredi 12 avril entre le Président de la Commission, M. Moussa Faki Mahamat et une délégation de la République démocratique du Congo conduite par M. Leonard She Okitundu, Vice Premier Ministre, Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale.
Les deux personnalités ont évoqué les récents développements survenus en RDC, notamment sur le plan politique et sécuritaire. Le Président de la Commission a, à cette occasion, réitéré l’attachement de l’Union Africaine à la paix et la stabilité de la RDC et la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, en vue de mettre en place toutes les conditions et organes requis pour la tenue des élections prévues. Le Président de la Commission a, à cet égard, appelé à la nécessité de gestes forts d’apaisement de la part du Gouvernement et de toutes les parties concernées et d’orienter tous leurs efforts vers la tenue des élections présidentielles, législatives et locales.
                                                                                                                    (Lire Communiqué UA ci-dessous)

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La craie la semaine, la houe le week-end http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/12/la-craie-la-semaine-la-houe-le-week-end/ http://syfia-grands-lacs.info/2017/04/12/la-craie-la-semaine-la-houe-le-week-end/#respond Wed, 12 Apr 2017 10:10:46 +0000 http://syfia-grands-lacs.info/?p=1048

“Du lundi au samedi matin, j’enseigne dans une école privée. Mais, il arrive que je ne donne pas cours le vendredi quand j’ai une urgence au niveau de mon groupement agricole. Je consacre les samedis et dimanches après-midi à mes activités champêtres”, fait savoir Tatiana Mpala.

La trentaine révolue, cette institutrice, mariée et mère de trois enfants, partage donc ses journées entre ses cours à ses 38 élèves à l’école “La Prospérité” et les travaux champêtres avec son groupement “Jeunesse et Entente de Dziegué”. Une structure de 22 membres (18 femmes et 4 hommes) dans le district de Lekana, à 4h de route au Nord de Brazzaville. “En général, je prépare mes fiches le soir et je dispense les cours le matin ou à midi. Je m’occupe également de ma maisonnée et de mes enfants…”, précise-t-elle.
Secrétaire au sein de son groupement depuis plus de 10 ans, Tatiana pratique l’agriculture pour compléter son maigre salaire d’institutrice. “Quand nous vendons nos produits au niveau du groupement, je m’y retrouve, car je peux avoir entre 20 et 50 000 Fcfa (entre 30 et 75 €). De plus, le fait d’avoir en dehors du groupement mes propres champs me donne des réserves (foufou, arachides, pommes de terre) pour les mauvais jours”, souligne-t-elle.

“Retour à la terre”
Si, au départ, Tatiana avait du mal à trouver son rythme, entre son travail d’institutrice la semaine et celui de cultivatrice le week-end, elle arrive désormais à s’épanouir dans ses activités. “Mon mari m’aide beaucoup. Quand je suis absente, il s’occupe des enfants, de la maison et fait même parfois la cuisine”, avance-telle toute joyeuse.
Femme au caractère bien trempé, Tatiana n’est pas du genre à baisser facilement les bras. “Je compte acquérir d’autres champs malgré la pénibilité du travail de la terre”, fait-elle savoir. Un courage qui suscite l’admiration de son entourage : “Tatiana est une femme déterminée pleine de vitalité. Grâce à ses activités, elle arrive à s’en sortir. Elle ne compte pas uniquement sur son mari”, fait remarquer Cornelline Ozias Mfourga, une de ses collègues institutrices. Cette dernière, suivant l’exemple de Tatiana, pratique dorénavant elle aussi l’agriculture, mais uniquement pendant les vacances, dans son village, en louant les services d’autres personnes pour l’aider à désherber ou planter.

“C’est encourageant de voir des fonctionnaires emboîter le pas aux paysans dans les champs. Avant, certains qualifiaient ces travaux de ‘salissants et durs’. Aujourd’hui, ils ont compris que c’est ce travail qui nourrit la population. C’est le retour à la terre pour tout le monde !”, observe Cornelline.

Jean Pierre Moutali, chef du quartier Ngambaho où réside Tatiana, est lui aussi admiratif devant tant d’opiniâtreté de la part de son administrée : “Tatiana est une femme d’action. Elle n’a pas le temps de se quereller ou de discourir à longueur de journée dans le village”. Des compliments et une réussite qui font chaud au cœur à l’intéressée, même si Tatiana relativise. Elle se met à rêver: “Il n’est pas toujours facile de concilier foyer, enseignement et travaux champêtres. Si j’avais un salaire conséquent dans la fonction publique, je pourrais souffler un peu… ”

Annette Kouamba Matondo

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