Les ex-combattants sud-soudanais cantonnés proche de Goma (Nord-Kivu) ne rentrent pas toujours chez eux voilà six mois. La société civile s’inquiète de leur présence prolongée, les autorités et la Monusco disent respecter le droit international humanitaire.

En six mois, seuls 8 ex-rebelles sud-soudanais ont accepté d’être rapatriés chez eux, sur plus de 500 cantonnés près de la base de la Monusco à Munigi, à environ 3 Kms au Nord-est de Goma, en territoire de Nyiragongo.

“Très insignifiant comme chiffre. Le rapatriement s’effectue vraiment au compte-gouttes, c’est trop lent”, rouspète Antoine Ndagige, Vice-président de la société civile du territoire de Nyiragongo.

Pour sa part le Vice-ministre sortant de la défense juge “le processus normal”. Corneille Masuasuwa Bakatushipa rappelle que le droit international humanitaire interdit de rapatrier qui que ce soit par la force dans son pays.

“Ce sont nos frères, nos amis et en matière de conflits on ne peut pas renvoyer quelqu’un de force au risque de l’exposer à la mort ou à l’assassinat. Seul celui qui exprime la volonté de retourner chez lui peut partir. C’est à la diplomatie menée par les gouvernements congolais et sud-soudanais d’organiser comment recevoir ces compatriotes”, explique le Vice-ministre.

Efforts de sensibilisation
Des explications qui ne passent pas dans les oreilles de la société civile du Nord-Kivu qui met en doute la bonne foi des acteurs.

“C’est faux ! Ces rebelles ont manifesté la volonté de quitter la RDC. Notre crainte c’est que notre pays a toujours été victime de son hospitalité et nous devons prévenir le pire comme il s’agit des combattants. Nous exigeons que ce processus soit vite accéléré”, appelle Antoine Ndagige.

De son côté, la Monusco parle plutôt d’un début de rapatriement de ces ex-rebelles. “Ces combattants n’ont jamais présenté une menace pour la population civile. Nous sommes en train d’entamer de les sensibiliser pour qu’ils acceptent tous de regagner leurs pays”, a promis David Greesley, Représentant spécial adjoint du Secrétaire General des Nations Unies chargée des opérations à l’Est de la RD Congo.
Rappelons que ces combattants, fidèles à l’ex-Vice-président Riek Machar, ont fui depuis septembre 2016 les hostilités qui les opposaient au régime actuel de Salva Kiir au Soudan du Sud, le plus jeune Etat africain, indépendant depuis juillet 2011.

Evariste Mahamba

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