Les réactions n’en finissent pas depuis la nomination le 06 avril de Bruno Tshibala comme Premier Ministre de la République démocratique du Congo. Après l’Union européenne, la Monusco et le Rassemblement d’opposition congolaise, c’est le tour de la Majorité Présidentielle de donner de la voix.

Réuni lundi 10 avril autour de son Secrétaire général Aubin Minaku, le Bureau politique de la Majorité présidentielle qui salue la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier Ministre, souligne que la tâche essentielle du nouveau “Gouvernement consiste à assurer une organisation transparente et crédible des élections selon les dispositions de l’Accord du 31 décembre 2016”.
Face à la démarche du Rassemblement qui sollicite les bons offices des Nations Unies, la Majorité présidentielle (MP) note que

“l’UDPS et le G7 tentent vainement de saboter la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre et la bonne fin des tractations entreprises par le Chef de l’Etat pour la signature de l’Arrangement Particulier, dans une tentative désespérée, en s’adressant directement au Secrétaire Général des Nations Unies”.

Un régime d’exception ?
A ce propos, le Bureau Politique rappelle qu’en tant qu’Etat membre de l’ONU, la RDC bénéficie de plein droit de toutes les dispositions pertinentes de sa Charte, notamment “celles relatives à la souveraineté des autorités nationales sur la gestion du pays”.
La MP estime en outre qu’en dehors de la Constitution actuellement en vigueur en RDC,

“aucun individu ou groupe d’individus ne peut s’arroger la prétention, sur la base de l’Accord du 18 octobre 2016 ou de celui du 31 décembre 2016, d’avoir octroyé la légitimité aux élus dûment mandatés par le peuple congolais, valablement installés dans les institutions de la République à la suite d’élections régulières”.

Le Bureau politique note “qu’étant incapables d’assumer leurs responsabilités républicaines pour sauver le processus électoral de l’incertitude politique, ces compatriotes radicalisés et sans compassion pour la situation de nos populations, voudraient malicieusement se mettre sous la tutelle du Secrétaire Général pour espérer brouiller les relations de partenariat avec les Nations Unies et contrecarrer avec une certaine efficacité la dynamique nationale en faveur de la normalisation du processus démocratique dans notre Pays afin d’instituer à la place un régime d’exception dont ils prendraient la direction”.

Le Bureau politique lance par ailleurs “un appel pathétique aux forces vives et sociales à ne pas s’associer aux actions politiques de masse telles que programmées par ces éléments radicalisés et désespérés du Rassemblement”.

Pour la MP, “il est temps que la violence de la rue cède définitivement la place à un dialogue constructif entre les acteurs politiques. Agir autrement serait une tentative d’éloigner les perspectives électorales et d’empêcher le Président de la République de mettre en œuvre l’Accord du 31 décembre 2016”.

Elections, une question de souveraineté
Réagissant à la déclaration de la Délégation locale de l’UE qui a qualifié la nomination du nouveau Premier Ministre de “non consensuelle”, la MP estime que cette déclaration “est faite en violation de toutes les conventions diplomatiques en la matière et introduit une fausse note en mettant en cause indûment les prérogatives constitutionnelles et la bonne foi du Président Kabila”.

“La Déclaration sur le prétendu manque de consensus dans la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, évoqué par ce Communiqué de la Délégation locale de l’UE est contreproductive et constitue une incitation à la radicalisation des extrémistes du Rassemblement”, affirme la MP par la bouche de son porte-parole, André-Alain Atundu.

“Telle n’est pas la contribution que le Bureau politique est en droit d’attendre des partenaires internationaux de la RDC au regard du principe universellement reconnu du droit des Etats à l’autodétermination, lequel place la question électorale comme un droit interne relevant de la souveraineté de chaque Etat”, soutient la MP.
Le Bureau politique invite instamment le Gouvernement de la République, par le biais du Ministre des Affaires étrangères, à rappeler à l’ordre le Représentant de la Délégation locale de l’UE et à dénoncer immédiatement toutes les entorses à la Convention de Vienne, par les voies les plus appropriées et les plus diligentes.

“Au nom du peuple congolais, qui aspire à la paix par la normalisation du processus électoral, le Bureau politique de la MP exhorte les membres du G7 et de l’UDPS à revenir à la raison pour le plus grand bien de la population congolaise”.

Raoul Biletshi

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