La Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, se dit profondément préoccupée par les nombreux rapports faisant état d’une situation de violences graves depuis plusieurs mois dans les provinces des Kasaï, en République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 31 mars, la Procureur relève que plusieurs informations faisant état de violences entre des milices locales et les forces congolaises, du meurtre de nombreuses personnes, civiles et non civiles, d’enlèvements et d’exécutions sommaires de personnes, y compris d’experts des Nations Unies en mission et de leurs accompagnateurs. “Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (la CPI)”, souligne la déclaration de la CPI publiée sur son site.

Principe de complémentarité

“Je tiens à rappeler à toutes les parties concernées que nous avons ouvert une enquête en RDC en 2004, et que mon Bureau continue à surveiller avec une extrême vigilance la situation sur toute l’étendue du territoire congolais, y compris sur celle qui prévaut actuellement dans les provinces des Kasaï”, a rappelé Fatou Bensouda.

Conformément au principe de complémentarité qui est au cœur du Statut de Rome de la CPI et qui confère aux Etats parties la responsabilité première de poursuivre et de juger, la Procureur de la CPI “encourage les autorités compétentes de la RDC à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que des enquêtes véritables soient menées afin de faire la lumière sur les violences alléguées et de traduire en justice tous les auteurs impliqués dans la perpétration des actes criminels enregistrés dans les provinces des Kasaï”.
Bensouda rappelle que le travail de la CPI continue en RDC et qu’elle n’hésitera pas

“à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité”.

La région du Kasaï, dans le centre de la RDC est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa. Parties de Kananga, capitale du Kasaï-central en septembre 2016, les violences entre les miliciens et les forces de l’ordre ont progressivement gagné les provinces voisines du Kasaï-Oriental, du Kasaï et de Lomami et fait plus de 400 morts, selon l’ONU.

Raoul Biletshi

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