“Le Président de la république ne peut pas être réduit en une simple machine à produire les nominations sans le pouvoir de choisir”, a déclaré Aubin Minaku lors de la conférence de presse animée par la Majorité présidentielle (MP), lundi 27 mars à Kinshasa. A quelques heures de la clôture de 110 jours des négociations politiques conduites par la Commission épiscopale nationale du Congo, l’intervention de la MP a “tenu à fixer l’opinion pour qu’elle sache que si l’accord n’est pas signé aujourd’hui c’est la faute au Rassemblement”. Le Secrétaire général de la MP et président de l’Assemblée nationale a soutenu que

“le Président de la république dispose d’un pouvoir de nomination et non d’entérinement”.

Par conséquent, il “invite le Rassemblement de l’opposition à l’humilité et à présenter trois noms parmi lesquels le Président de la République nommera un Premier ministre, au terme des consultations entre celui-ci et le Rassemblement”.

La MP ne veut pas de P. Lumbi au CNSA
Après Aubin Minaku, les autres délégués de la Majorité aux négociations de la CENCO ont pris la parole pour exposer, chacun, sur un point des négociations : nomination du Premier ministre, rôle de la CENCO, mesures de décrispation, présidence du CNSA.
Au sujet du président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Emmanuel Ramazani Shadary, délégué de la MP et Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, s’est voulu clair : “On ne peut pas donner ce poste à quelqu’un qui a trahi la Majorité”, parlant de Pierre Lumbi, l’actuel président du Conseil des sages du Rassemblement, proposé à ce poste. Ce dernier était il y a peu Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité avant de démissionner et de créer avec d’autres transfuges de la Majorité, le G7 qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidence de la république. Aux termes de l’accord de la Saint Sylvestre, ce poste reviendrait au Président du conseil des sages du Rassemblement.

“N’importe quel candidat Président du CNSA qui ne recueillera pas le consensus de toutes les parties prenantes, sera récusé par la MP”, a précisé Emmanuel Shadary.

Constat d’échec
Me Nkulu Kilombo, un autre délégué de la Majorité aux négociations a, parlant du rôle de la CENCO, soutenu que cette dernière terminait ses bons offices à la clôture du dialogue prévue ce soir. S’il y a accord, tant mieux, sinon, la médiation rendra son rapport de constat d’échec au Président de la République. Quitte à solliciter le renouvellement du mandat des bons offices au Président de la république.
A la suite du ministre de la Justice Alexis Thambwe Muamba qui abordait le point sur les mesures de décrispation, Lambert Mende, Ministre de la Communication et médias a précisé qu’à ce jour, seuls trois médias (2 au Katanga et 1 dans le Kivu) restent fermés à cause des dossiers judiciaires qui suivent leur cours. Tous les autres médias qui étaient fermés suite aux mesures conservatoires ont déjà rouvert.

L’UDPS, par la bouche de son porte-parole, Augustin Kabuya,  a promis de se prononcer demain au cours d’une conférence de presse.
A quelques heures de la clôture du dialogue, un Tweet de Delly Sesanga, de l’AR, délégué du Rassemblent de l’opposition aux négociations, résume bien le scepticisme des parties prenantes :

“la signature de l’arrangement particulier pour ce 27 mars, relève… du miracle”

Raoul Biletshi

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