Reprise des travaux de l’arrangement particulier pour la mise en œuvre de l’accord politique global et inclusif du 31 décembre, ce jeudi 16 mars à Kinshasa, au centre interdiocésain, le siège de la Commission épiscopale nationale du Congo (CENCO).

“Le peuple congolais est à bout de patience. Les congolaises et les congolais qui tiennent à élire leurs dirigeants de manière démocratique nous obligent à aller vite à l’essentiel, a rappelé dans son discours d’ouverture Mgr Marcel Utembi, président de la CENCO. Nous ne devons pas échapper à cette obligation morale et patriotique”.

La dernière plénière des négociations directes à laquelle participent les délégués des parties prenantes date du 28 janvier 2017. “En cette date, le bureau de la mission des bons offices de la CENCO avait estimé que les travaux de l’arrangement particulier pourraient prendre fin, malheureusement ce ne fut pas le cas”, regrette Mgr Utembi.

“Il est curieux et inadmissible de voir que les travaux de l’arrangement particulier prennent plus de temps que ceux consacrés à l’élaboration et à l’adoption de l’accord proprement dite”, a tancé le président de la CENCO à l’endroit des négociateurs.

Il n’est pas normal, estime Mgr Utembi que les négociateurs s’enlisent sur des questions de partage du pouvoir, oubliant que la finalité principale de l’accord consiste en l’organisation des élections dans le délai.
Parmi les raisons du retard, l’archevêque de Kisangani épingle la persistance des divergences des points de vue sur quelques questions importantes, notamment le mode de désignation du premier ministre, la répartition des postes ministériels par composante, le chronogramme de la mise en œuvre de l’accord à compléter, le rôle de la CENCO dans le processus après la signature de l’arrangement particulier.

Vide comblé à la tête du rassemblement
Mgr Utembi s’étonne que force est de constater que les travaux n’ont pas repris aussi tôt après le 28 janvier, à cause notamment du décès du patriarche Tshisekedi à Bruxelles le 1er février 2017 et les longues tractations entre le pouvoir et la famille autour des dispositions utiles du rapatriement du corps du patriarche au pays.
Devant cette situation de longue attente, après discernement et avis favorables de toutes les parties prenantes aux négociations, le présidium estime que les travaux de l’arrangement particulier doivent se poursuivre et ce, pour l’intérêt supérieur de la nation.
Le décès du patriarche Tshisekedi a laissé un vide à la tête du rassemblement reconnaît le président de la CENCO, privant ainsi cette composante de son autorité morale et de ce fait, de l’interlocuteur de haut niveau pour le présidium de la mission des bons offices et pour le président de la république qui est en même temps l’autorité morale de la composante Majorité présidentielle. Et tout récemment, le rassemblement venait de rendre publique sa restructuration dans laquelle sont identifiés les nouveaux responsables, c’est-à-dire, ceux qui ont le pouvoir d’engager cette famille politique devant les tiers.

“Le bureau de la mission des bons offices prend acte de cette organisation et estime que le vide est désormais comblé à la tête du rassemblement”, tranche le président de la CENCO.

A l’égard des négociateurs, Mgr Utembi rappelle qu’au stade où nous en sommes, la Cenco mettra à contribution “tout ce qui est à son pouvoir pour que finissent rapidement les travaux de l’arrangement particulier afin de permettre la mise en œuvre intégrale de l’accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain”. Elle sera attentive de manière à déceler toutes les manœuvres dilatoires, établir les responsabilités et prendre le peuple congolais à témoin.

Raoul Biletshi

Un commentaire

  1. Pingback: Kinshasa : Fin de conflit au sein du Rassemblement

Commenter