Le maire de Goma a pris un arrêté interdisant l’importation de viande en provenance du Rwanda et leur commerce dans la rue. Une mesure qui vise à préserver les consommateurs des produits impropres.

Les agents de l’ordre et les services de contrôle aux frontières de la RD Congo à Goma s’activent à fouiller les sacs des commerçantes rwandaises qui traversent la “petite barrière” ce vendredi 10 mars. Vite, un agent appréhende une femme qui a caché des œufs dans un sac de légumes. Les œufs sont saisis et la dame interpellée pour payer une amende.
Les petites commerçantes rwandaises traversent chaque matin ce poste frontalier entre le Rwanda et la RDC, sur la route qui quitte Gisenyi vers Goma, portant diverses marchandises : viandes, légumes, œufs, produits manufacturés,…..pour les écouler sur le marché de Goma. L’inverse n’est cependant pas possible, le Rwanda interdisant l’entrée sur son sol de tels produits en provenance de la RDC.
Les autorités congolaises ont donc décidé de leur rendre la pareille.

“Puisque que les produits commerciaux de Goma comme les œufs, viandes, fromages, lait, boissons et autres ne sont pas admis sur les marchés des pays voisins, souligne le maire de Goma Dieudonné Malere, nous allons appliquer aussi le principe de réciprocité”.

Le 7 mars, le maire, dans un arrêté “portant réglementation du transport et de vente de viande ainsi que d’autres produits dans la ville de Goma”, a interdit l’entrée de ces produits à partir du Rwanda.

Mouches et microbes
Bien avant lui, fin janvier, des correspondances du gouvernorat de province ainsi que de la coordination de la société civile du Nord-Kivu dénonçaient “l’envahissement du marché de Goma par les bouchers rwandais en toute illégalité”.
La réciprocité dans les échanges n’est pas la seule raison. Les services de l’agriculture, pèche et élevage dénoncent également la mauvaise qualité de ces produits, surtout la viande. Des vendeuses amènent souvent des produits avariés. En janvier dernier, l’une d’elles a été arrêtée la nuit au marché TMK avec la viande contenant des asticots. Ambulantes, ces commerçantes sillonnent la ville avec leur bassin de viande sur la tête, exposée aux mouches et à la poussière. C’est ainsi que le maire a également “interdit le commerce itinérant de viande, l’exposition des morceaux des viandes dans les rues et à même le sol. Tout récalcitrant sera soumis à une amende de 75 000 FC (62$)”.
Pour la mairie, la mesure vise à protéger la santé des consommateurs. Pour être commercialisée, la viande devra être transportée dans un récipient bien fermé à l’abri des microbes, du soleil et des mouches.

Pepe Mikwa

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