Souvent laissées pour compte par leurs familles et contraintes de mendier, de vieilles femmes de Goma, organisées en association, recyclent des sachets en plastique usagés pour faire de la vannerie. Comme d'autres qui entretiennent les ronds-points, elles arrivent ainsi à subvenir à leurs besoins.

Paniers ou sacs à main. Autant de vanneries réalisées par une dizaine de femmes du troisième âge qui ont été récemment présentées à de potentiels clients lors d’une exposition organisée par la Croix-Rouge de la RD Congo à Goma. Ces vieilles mamans qui les fabriquent ne veulent plus dépendre totalement des membres de leur famille pour qui elles sont une charge.
Mais, la plupart ne sont pas du tout aidées par leurs proches, qui ont déjà bien du mal à subvenir à leurs propres besoins. Elles vivent souvent de la mendicité et mènent une vie misérable.

“Il y a longtemps que je quémandais sur la route. On se moquait de moi, mais depuis que j’ai appris la vannerie en utilisant des sachets usés, j’ai un peu d’argent, surtout pour trouver de quoi manger”, témoigne Julienne Faida, une sexagénaire, tout en continuant à vendre ses paniers.

Masika, une autre femme âgée qui frise les 70 ans, a elle aussi trouvé une occupation et ne reste plus oisive chez son fils :

“Avant, je passais toutes mes journées assise à ne rien faire. Avec notre association, je suis très occupée. Cela me dégourdit même les muscles des bras et quand je me repose le soir, je me sens fière d’avoir travaillé comme les autres pendant la journée.”

S’organiser pour survivre
Ces femmes sont en effet regroupées dans une association, le “Club des mères”, d’autres travaillent individuellement. Certaines vieilles mamans entretiennent les différents ronds-points de la ville de Goma et reçoivent en contrepartie des vivres de la fondation Femmes plus qui leur permettent de ne plus être une charge pour leurs familles respectives. Toutes celles qui le peuvent essaient de gagner quelques sous en exerçant une activité souvent difficile à trouver.
Le travail des fabricantes de paniers est aussi positif pour l’environnement. En effet, c’est à partir des sachets usagés qu’elles lavent et sèchent, qu’elles fabriquent ensuite différents objets. Ces mamans contribuent ainsi à l’assainissement, car ces sachets ne se dégradent plus n’importe où.

“Nous ramassons les sachets éparpillés dans les poubelles et partout ailleurs, explique une de ces femmes pour qui le nombre d’années n’est pas un handicap. Cela aide à rendre la ville propre.” Un autre motif de fierté.

Vincent De Paul Rushago

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