La question de procédure de désignation ou de présentation du candidat Premier Ministre et celle du remplaçant d'Etienne Tshisekedi au poste de président du Conseil national de suivi de l'accord (CNSA), continuent de bloquer la mise en œuvre de l'Accord du 31 décembre entre la Majorité présidentielle et l’opposition congolaise.

“La désignation du Premier ministre issu du Rassemblement doit se faire dans le respect de l’ordre politique et institutionnel établi et reconnu par toutes les parties”, a appelé la Majorité présidentielle (MP) lors d’une conférence de presse le week-end à Kinshasa. Le camp présidentiel dit être passé dans ses exigences de candidature Premier ministre, de 10 noms à 7, puis 5 pour n’exiger plus qu’une liste de 3 candidats à proposer au président Joseph Kabila pour nomination.

“Concevoir les choses autrement c’est vouloir transformer le pouvoir discrétionnaire de nomination du président de la République en simple investiture du Premier ministre, en violation de l’article 78 de la Constitution”, a martelé Adolphe Lumanu, membre du bureau politique de la MP. Nous nous arrêtons à 3 noms et nous allons attendre demain, après demain même après 1 mois nous continuerons à attendre”.

Un nom ou plusieurs noms candidats Premier ministre ?

“D’où vient cette histoire de liste à présenter au chef de l’Etat ?, s’interroge de son côté Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’UDPS, sur le site Actualité.cd. L’accord signé le 31 décembre est clair, rappelle-t-il : “le Rassemblement présente un Premier ministre au président Kabila. Ou bien ils veulent appliquer l’accord ou bien ils ne veulent pas, c’est simple”.

“Le Rassemblement ne proposera pas de noms à Kabila, même pas deux”, tranche-t-il fermement, accusant le président Joseph Kabila et sa famille politique de retarder l’application de l’Accord du 31 décembre. “Au cas où le blocage persiste sur cette question, a-t-il prévenu, le Rassemblement en tirera toutes les conséquences”.
Mais pour la MP, la balle demeure dans le camp du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, plateforme d’opposants regroupés autour d’Etienne Tshisekedi, qui doit présenter un panel de candidats Premier ministre ainsi que son candidat pour le CNSA, en remplacement du défunt. La famille politique du président Kabila estime qu’un consensus ayant été trouvé autour de la personne d’Etienne Tshisekedi, s’il faut se limiter à l’esprit de l’Accord, un consensus doit également être trouvé autour de son successeur. Procéder autrement, serait aux yeux de la MP,

“violer le principe de la gestion consensuelle des institutions pendant la période préélectorale et électorale convenu au Centre Interdiocésain”.

«Nous sommes au-delà de la logique du chantage»
Le Rassemblement, qui n’entend présenter qu’un seul candidat Premier ministre a, par la voix de Christophe Lutundula du G7, menacé de remettre en cause l’Accord politique global et inclusif de la Saint Sylvestre si la Majorité continue à maintenir ses positions sur la désignation du Premier ministre et du président du CNSA. Ce à quoi lui a répondu le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, en affirmant : “Nous sommes au-delà de la logique du chantage. Nous ne sommes pas opposés qu’un membre du Rassemblement occupe la présidence du CNSA, mais à condition que ce dernier requiert le consensus comme ce fut le cas avec Tshisekedi”.
A l’UDPS, son secrétaire général rassure :

“nous avons tous intérêt à protéger les acquis de l’Accord pour que le pays avance normalement. Nous n’avons nullement l’intention de tirer les choses en longueur”.

A ce stade, chaque camp campe sur ses positions et les élections prévues pour avoir lieu avant la fin de l’année deviennent difficiles à tenir.

Didier Kebongo

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