En République du Congo, Berléa Bilem, une jeune chanteuse de Brazzaville, plaide par la chanson pour préserver l’environnement et la biodiversité. Les mélomanes apprécient.

En République du Congo, Berléa Bilem, une jeune chanteuse de Brazzaville, plaide par la chanson pour préserver l’environnement et la biodiversité. Les mélomanes apprécient.

“Longue vie à ces chimpanzés, lions, gorilles et autres animaux, ainsi qu’à tous ces arbres qui peuplent nos forêts et nous font vivre. Nous devons donc les protéger. Ce sont nos amis”. Tel est le message fort de la chanson “Ndeko na zamba” (“Mon ami est en forêt”, en lingala). L’auteur de cet hymne à la Nature ? Berléa Bilembolo, dite Berléa Bilem.
Elle l’a chanté le 1er juin dernier à l’Institut français du Congo (IFC) de Pointe-Noire, lors du concert d’ouverture du Festival international des musiques et des arts “N’Sangu Ndji-Ndji” (“La joie de Pointe-Noire”, en vili, ethnie majoritaire au Kouilou et dans la capitale économique). Ses prestations ont enthousiasmé les 500 personnes présentes. “Elle occupe bien la scène et chante juste”, a apprécié Pierre Claver Mabiala, directeur du festival.
Berléa a commencé à chanter à l’âge de 6 ans, encouragée par ses parents et formée dans une chorale protestante. Aujourd’hui, à 20 ans environ, basée à Brazzaville, elle a déjà mis sur le marché deux albums. Le premier consacré à “son amour pour Jésus-Christ”. Dans le second, sorti l’an dernier, elle puise son inspiration dans la Nature. Cinq des six titres de cet album en parlent : “Evitons la pollution”, “L’eau, c’est la vie”, “Faune et flore”, “Respect de l’environnement” et “Ndeko na zamba”. Des chansons chantées en lingala, français et lari (sa langue maternelle) et dans des genres musicaux variés, tels l’afro, le jazz et le gospel.

“Pas seulement une affaire d’experts”
Un répertoire varié, un engagement citoyen, des thèmes d’actualité… Cependant, Berléa a à peine vendu 300 exemplaires de Ndeko na zamba” pour le moment. “A cause de la modicité des moyens de production”, regrette-t-elle. L’artiste ne se décourage pas pour autant : “Mon problème est de véhiculer des messages sur le respect de la Nature jusqu’à ce que les gens changent radicalement leurs pratiques”. Une question de vie ou de mort pour Berléa Bilem : “Notre époque est marquée par les impacts des changements climatiques dus aux activités industrielles, aux déforestations et aux braconnages. Nous devons revoir nos pratiques. La musique est un moyen efficace pour y arriver ! ”
Aujourd’hui, s’il est difficile de mesurer l’impact concret de cette sensibilisation, une partie du public semble en tout cas adhérer aux idéaux de Berléa. “En l’écoutant chanter, j’éprouve un petit sentiment de culpabilité. Je me dis que préserver l’environnement n’est pas seulement une affaire d’experts. Mais de nous tous, sans distinction !”, estime Germaine Ololo, comédienne et secrétaire générale de la branche congolaise d’Arterial Network*, une organisation culturelle panafricaine basée en Afrique du Sud, rencontrée en juin à l’IFC.
De son coté, Marcel Poaty, conseiller socioculturel du maire central de Pointe-Noire, reconnait qu’”on écoute souvent des chansons sur bien de thèmes. Mais, il est rare d’entendre des titres dédiés à l’environnement. Le répertoire de Berléa va aider les pouvoirs publics à informer les gens pour qu’ils révisent leurs manières d’agir vis-à-vis de l’environnement”.

Faire passer le message
Encore faudrait-il développer la promotion de l’album de Berléa Bilem et de ses messages… “Je fais l’autoproduction. Je n’ai pas assez de ressources pour promouvoir mon album. Voilà pourquoi mes chansons ne sont pas connues partout au Congo ! ” Pour tenter de remédier à cela, Berléa, avec son compagnon Baurdier Nkangou, le père de leur enfant de 3 ans, ont proposé l’album à différentes institutions en charge du développement durable, notamment le ministère de l’Environnement. “Nous ne nous impatientons pas. Nous attendons. Cet appui devrait nous aider à faire entendre notre voix le plus loin possible”, espère Baurdier.
En attendant, Berléa poursuit ses concerts. Passionnée également de stylisme, elle rêve de concevoir des modèles de vêtements (robes, jupes, etc.) avec des messages pour protéger la Nature.

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