Accès compliqué à l’eau potable, manque de soins médicaux adéquats, chômage… Telles sont les principales difficultés vécues par les femmes de Les Bandas (village à 15 km au sud de Dolisie, au Congo Brazzaville). Un débat communautaire y a dernièrement été organisé.

«Malgré leurs rhumatismes, nos personnes âgées parcourent environ 500 mètres pour puiser de l’eau à l’unique forage du village. Certains robinets sont tombés en panne il y a plus d’un an… », fait savoir Ngoma Passi Bernadette, présidente de l’association Femmes unies de Les Bandas, un village situé à 15 km au sud de Dolisie.
C’était lors d’un débat communautaire organisé en décembre dernier sur « Les conditions de vie de la femme rurale de les Bandas ». Un débat animé en kituba par Victor Bivihou et Max Ferhynel Poudi, sous la coordination de Gaston Elbi Enkari, dans le cadre du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un projet piloté par le Centre de ressources pour la presse, en partenariat avec Syfia international et financé par l’Union européenne.
Les 27 participants à ce débat ont reconnu que « dans ce village d’environ 900 âmes, boire l’eau potable n’est pas facile ». Ils ont ajouté : « Notre dispensaire n’a pas de pharmacie. Il n’est pas équipé, ni en personnel soignant, ni en matériel. »

«La force de travailler en groupe»
A Moukondo (10 km de Dolisie), dont certaines habitantes ont participé au débat, les problèmes semblent quasiment les mêmes : «Après avoir éradiqué la lèpre, l’hôpital a été fermé sans se soucier de la poussée démographique de la population », a regretté Honorine Ipolo. Selon elle, dans les rares nouvelles entreprises, « aucune jeune fille de Moukondo ou de Les Bandas n’a été recrutée. Nous craignons que cela soit ainsi pour les autres unités de productions comme celle de fabrication de peinture et celle des papiers hygiéniques qui sont en construction dans notre contrée. »
Lazard Makaya, secrétaire du comité du village de Les Bandas, a reconnu pour sa part que « son village manquait de pistes agricoles » : « Nous ne bénéficions pas de la visite des autorités agricoles pour d’éventuels conseils sur les pratiques agricoles ou l’élevage, mais à chaque fois que nous nous déplaçons à Dolisie pour vendre par exemple nos noix de palme, les autorités nous taxent ! »
Au cours du débat, les femmes de Les Bandas ont proposé des solutions. « Nous avons formé des groupements pour mieux nous aider dans nos travaux champêtres, mais, ce n’est pas facile, certaines femmes ignorent la force de travailler en groupe », a déploré Germaine Ngouaka. Au terme des discussions, Ernest Bouyou, chef de Les Bandas, s’est réjouit que son village ait abrité ce débat : « Je suis heureux de voir des journalistes venir nous faire prendre conscience de certaines réalités. »

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