Pour les représentants de la Coalition mondiale Publiez ce que vous payez, réunis à Kinshasa fin mai, la transparence des industries extractives en Afrique est une nécessité urgente pour le développement du continent. Car 50 ans après les indépendances, les résultats obtenus dans ce domaine sont peu flatteurs.

“Les gouvernements de nos pays s’efforcent d’améliorer progressivement la gestion de la chose publique. Si ces efforts se sont traduits par un certain nombre de réalisations visibles, il faut reconnaitre que globalement, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des attentes que suscite l’exploitation intensive, depuis des décennies, de nos ressources minières, pétrolières ou forestières.” Coordonnateur de la Coalition Publiez ce que vous payez (PCQVP) en Rd Congo, Jean-Claude Katende s’est ainsi exprimé lors d’un atelier tenu fin mai à Kinshasa qui a réuni des représentants de cette Coalition mondiale venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord. Au menu, la transparence des industries extractives en Afrique, 50 ans après les indépendances.
Dr Gilbert Maoundonodji de la coalition tchadienne, a reconnu que durant ce demi-siècle, “nos ressources ont été exploitées sans être transformées sur place. Il a fait savoir que la campagne (PCQVP) en Afrique a connu des succès indéniables. En RD Congo c’est seulement depuis peu que les revenus du pétrole figurent désormais au budget de l’Etat, ce qui n’était pas le cas des années Mobutu. Le Dr Maoundonodji regrette cependant que sur la question de la transparence des ressources naturelles, seuls cinq pays africains sont jusque là déclarés conformes (Nigeria, Ghana, Libéria, RCA, Niger).

Pressions sur les gouvernements
Pour les participants, développer et renforcer le plaidoyer pour une transparence véritable des industries extractives, tant au niveau national que régional, est une urgence. “Il est plus facile d’exercer des pressions sur les gouvernements afin qu’ils affectent les revenus à des services de base clés tels que la santé et l’éducation lorsque l’information est accessible au public”, a notamment expliqué J.C. Katende. Pour lui, la transparence des paiements et des revenus renforce l’obligation de rendre des comptes.
L’Initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE) se focalise surtout sur la transparence des recettes et s’appuie sur la comparaison, par un auditeur indépendant, des déclarations de paiement faites par les entreprises du secteur extractif aux déclarations de revenus faites par l’Etat. L’ITIE est un processus participatif tripartite impliquant l’Etat, le secteur privé et la société civile.

Bons ou mauvais, les contrats chinois ?
Les contrats chinois qui connaissent une grande expansion en Afrique ces dernières années, ont été largement évoqués lors de cet atelier. “Ils sont une bonne chose, dans la mesure où on peut avoir de nouvelles infrastructures”, a indiqué Jean-Claude Katende. Mais d’après lui, ces contrats constituent en même temps un “danger”, car on ne sait pas évaluer les concessions données à la Chine. : “Qui sait ce que les Chinois prennent en échange des infrastructures ? En plus, ces accords exemptent ces entreprises de paiement de taxes, redevances et autres impôts, des ressources dont a besoin l’Etat pour entretenir ces ouvrages plus tard”.
Pour Dr Gilbert Maoundonodji, ces contrats “doivent avoir des termes clairs et évaluables. Combien valent les infrastructures et à combien équivalent les matières premières exportées ?”, se demande-t-il. “Au Gabon, nous avons bloqué l’exécution d’un contrat qui accordait 25 ans d’exonération à une entreprise chinoise…”, témoigne Marc Ona.

Commenter