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par Djalia Bazubagira
Rwanda (Syfia Grands Lacs/Rwanda) Au Rwanda, le minerval doit désormais être payé à la banque sur le compte de l'école. Les enfants ne risquent plus de se faire voler, les comptables ne sont plus tentés par ces liquidités et le travail des gestionnaires est simplifié. Mais accéder aux guichets n'est pas facile pour tout le monde.
Au Rwanda, parents et élèves se sont bousculés cette année devant les guichets des banques avant la rentrée de début février pour payer les frais scolaires. "J'ai dû tout arrêter pour consacrer une demi-journée à suivre une longue queue devant le guichet pour verser le minerval de ma fille. Sans bordereau de versement, la direction de l'école va la renvoyer", témoignait, en janvier, un parent de Kigali, impatienté sous un soleil accablant, devant le guichet de l'Ecobank de Nyabugogo. Aujourd'hui, les frais scolaires sont payés sur le compte bancaire des écoles. Le gouvernement a imposé cette mesure à tous les établissements publics et les privés l'ont vite adoptée. "Ainsi, les élèves voyagent avec un bordereau seulement sans être obligé de cacher les sous", remarque le comptable d'une école secondaire. Auparavant, l'argent des élèves à la rentrée était, pour les bandits, comme une manne tombée du ciel. Dans les gares routières et les lieux publics, les voleurs rôdaient. De nombreux élèves arrivaient à l'école en pleurs après s'être fait voler le minerval. Pour Dushimiyimana, un taximan de Kigali, "ce système a soulagé les chauffeurs qui étaient mis en cause quand l’élève perdait l’argent dans leur véhicule". Finies les tentations D'après Épimaque Nayigiziki, enseignant au lycée de Nyanza, Sud, le virement du minerval sur un compte a aussi diminué les disputes dans les écoles. "Certains élèves arrivaient tard dans la nuit et ne payaient pas leur minerval tout de suite. Le lendemain, des bagarres naissaient dans les dortoirs lorsque les uns suspectaient d'autres d'avoir volé leurs frais scolaires, témoigne-t-il. Aujourd'hui, ceux qui viennent sans avoir payé à la banque confient l’argent à l’un des éducateurs qui paye pour eux, ou qui leur remet cet argent le matin pour aller payer". Certains enfants pouvaient aussi grignoter quelques sous sur le minerval et faire croire qu'ils s'étaient fait voler. "Je n'ai jamais payé la totalité du minerval. Chaque fois, je prenais au moins 5 000 Frw (9 $), et je disais à l'intendant de l'école que j'apporterais le reste au trimestre suivant", témoigne un jeune de Nyamirambo, à Kigali. Le virement des frais scolaires aide les parents qui ne peuvent pas payer de gros montants d'un seul coup. "Puisque je ne peux trouver plus de 200 000 Frw (350 $) d’un seul coup, chaque fois que je gagne un peu d’argent, je le verse au compte des écoles de mes trois enfants. Au moment de la rentrée, les enfants apportent plusieurs bordereaux correspondant aux paiements par tranches", explique Évariste Niyonzima, un habitant de Kigali. "On n'est plus tenté de toucher à l'argent de l'école, car il n'y a pas de liquidités qui traînent dans la caisse", reconnaît enfin le comptable d’une école secondaire de la capitale. À la chasse aux bordereaux "Sans bordereau de versement des frais scolaires, aucun élève n'est admis à l'école", affichaient des directions d'écoles à l'approche de la rentrée. La décision est rigoureuse et aucun argent liquide ne peut plus être accepté. Ainsi, de nombreux nouveaux élèves qui devaient retourner à l'école le 30 janvier ont dû attendre l'ouverture des banques après trois jours de congé. "J'ai amené mon enfant avec l'argent, mais la direction a refusé de le recevoir, car le minerval n'était pas payé en banque", témoigne un parent de Kamonyi, Sud. Les parents qui habitent loin des banques des écoles de leurs enfants passent beaucoup de temps pour pouvoir payer et ramener le bordereau à l'école. "Je dois couvrir plus ou moins 100 km pour arriver à une banque de l'école de ma fille", note un parent de Kayonza, à l'Est, dont la fille a été affectée au groupe scolaire de Byumba, au Nord. La première banque où il peut verser les frais scolaires est à Kigali. De nombreux parents se plaignent aussi des frais de banques qui viennent s'ajouter au minerval. "À chaque versement, on doit payer aussi au moins 500 Frw, (près de 1 $, explique un gérant de la banque de Kigali. Quand on ne parvient pas à payer en une seule fois, on risque d'avoir beaucoup de frais supplémentaires." ![]() version imprimable |
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