|
A l'avenir... Syfia Grands Lacs s'étend et se diversifie. D'autres projets s'y sont rattachés. Celui de Mongongo, le journal-école de Kisangani qui permet aux jeunes sortant de l'université d'avoir une formation pratique et est le seul journal régulier de la ville. Celui du suivi des processus électoraux au Rwanda dans le respect des règles professionnelles. La production d'articles et de dossiers, montrant les réalités quotidiennes des trois pays des Grands Lacs, se poursuit . Deux journaux sont publiés, l'un en RD Congo et l'autre au Burundi. |
Tous les articles > Article 1654
par Sr Julienne Elameji
RD Congo (Syfia Grands Lacs/RD Congo) Discipline et prime à l'efficacité sont les deux leviers qui ont permis aux hôpitaux publics du Kasaï occidental d'améliorer la qualité des soins dans 13 des 17 zones de santé de la province. A l'origine de ce changement rapide, l'appui d'organisations locales et internationales.
À Kananga comme à l'intérieur du Kasaï occidental, depuis deux ans, les habitants accèdent plus facilement à des soins de qualité. Sur les 17 districts sanitaires que compte la province, 13 bénéficient d'un soutien d'organisations locales et internationales : Health Net, CORDAID, Caritas développement Kananga, 9e FED (Fonds européen de développement) de l'Union européenne, etc. Sur le terrain, cet appui consiste à installer des lits et à fournir du matériel médical et des médicaments essentiels. L’accent est également mis sur l’accueil des patients. "Quand je suis arrivé, je n'ai pas attendu plus de 5 minutes à la réception. Très vite et sans payer, j'ai été reçu en consultation par le médecin. C'était inimaginable dans cet hôpital il y a 2 ans !", s’enthousiasme Nkongolo Bakajika, un habitant de Mikalayi. Pour le pasteur Dibelayi aussi, les changements sont visibles à l'hôpital de référence de Kananga. "Avant, les infirmiers vendaient les médicaments aux malades. Aujourd'hui, tout le monde est obligé d’aller les acheter à la pharmacie avec l'ordonnance du médecin. La discipline est de rigueur et l’ordre rétabli", témoigne-t-il. De son côté, l’abbé Bruno Kayeke a subi une opération à Mikalayi où il a surtout apprécié la propreté, la distribution de moustiquaires et le dévouement des infirmiers qui veillent sur les malades opérés. Soins moins chers En plus des aspects matériels, les patients profitent également d’une baisse des tarifs qui favorise le retour des plus pauvres vers les centres de santé. Le Dr Brigitte Bakambamba de l’hôpital de Mikalayi rappelle que par le passé, ces derniers utilisaient des plantes médicinales pour se soigner, avec souvent des conséquences graves, pouvant aller jusqu‘à la mort. Car, selon elle, si la médecine traditionnelle peut s’avérer efficace pour soigner une toux, il faut par contre un traitement médical adapté pour venir à bout de la malaria. Pour rendre les soins accessibles à tous, un Fonds d’achat de service de santé (FASS) a été mis en place. Celui-ci prend en charge jusqu’à 70 % des dépenses de santé des malades démunis. Il paye en outre 80 % des salaires du personnel soignant dont il assure également la formation permanente. A l’hôpital de Bunkonde du territoire de Dibaya à 80 km de Kananga, Sr Véronique Tshibola, infirmière directrice du nursing est en première ligne pour apprécier l’impact du FASS. "Avant, des femmes et des enfants en bas âge mourraient de malnutrition, faute de soins et de nourriture riche en vitamine. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de les soigner", se félicite-t-elle. Autre exemple de prise en charge par le FASS, les interventions chirurgicales : pour 28 000 Fc (30 $), un patient peut se faire opérer d’une hernie et une femme accoucher par césarienne. Il y a quatre ans, il fallait débourser 100 $. Hôpitaux davantage fréquentés Dans un rapport d’octobre 2009, le Dr Willy, directeur du BDOM/Caritas développement à Kananga, affirme que les indicateurs de fréquentation des services de soins curatifs et préventifs ont sensiblement augmenté entre 2007 et 2009. "La moyenne annuelle de fréquentation est passée de 20 à 70 % de la population. Les femmes suivent les consultations prénatales jusqu’à l’accouchement, alors qu’avant, elles ne venaient pas, de peur de payer trop cher", précise-t-il. Pour atteindre les objectifs fixés par les bailleurs de fonds, à savoir l’augmentation en quantité et en qualité des soins administrés, ainsi que la bonne gestion des soins, des médicaments, du personnel et du matériel, des primes de performance sont octroyées au personnel médical. Un médecin, dont le salaire est de 70 $ par mois, peut recevoir jusqu’à 300 $ de prime. Celle-ci est accordée à la suite du contrôle et de l’approbation des rapports des prestataires, explique le Dr Calixte Katshi, assistant technique du projet. Ainsi, en guise de récompense pour les résultats atteints, l’hôpital a reçu du 9e FED un véhicule de fonction. "Nous cherchons à valoriser la capacité des gens à amener le changement positif dans leur vie", avoue le Dr Franck De Paepe, chef d’antenne de CORDAID Kananga. ![]() version imprimable |
Burundi
RD Congo
Rwanda
|